Démantèlement de la "jungle" : le recours à la force en dernier ressort

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Démantèlement de la "jungle" : le recours à la force en dernier ressort
La Jungle de Calais@ AFP
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Alors que l'évacuation de la "jungle" de Calais a été annoncée vendredi dernier, la préfète du Pas-de-Calais a déclaré vendredi qu'elle "utiliserait la force publique" si elle y est "contrainte". 

"Ce dossier est tout sauf précipité". La préfète du Pas-de-Calais a déclaré vendredi qu'elle "utiliserait la force publique" si elle y est "contrainte" pour l'évacuation de 1.000 à 2.000 migrants, selon les sources, de la partie sud de la "Jungle" de Calais, à laquelle des associations s'opposent. "Ce dossier est tout sauf précipité", a déclaré la préfète Fabienne Buccio sur France Interà propos de l'opération annoncée vendredi dernier.

"Je ne l'utiliserai que si j'y suis contrainte". Elle a évoqué le choix qu'ont les migrants ainsi déplacés, entre le Centre d'accueil provisoire (CAP) - 1.500 places en conteneurs chauffés ouvertes depuis janvier dans la partie nord du camp - et près d'une centaine de Centres d'accueil et d'orientation (CAO) créés ailleurs en France. "Dans l'absolu, bien sûr, je prendrai un arrêté d'expulsion et j'utiliserai la force publique", a-t-elle averti. "Je ne l'utiliserai que si j'y suis contrainte", a-t-elle promis. "Nous sommes dans une période où on a beaucoup moins d'arrivées de migrants. (...) Et actuellement, il y a vraiment une opportunité" "pour "tenter cette opération", a expliqué la préfète.

Une réponse aux associations. Elle s'exprimait au lendemain de la publication par huit associations d'une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, demandant le report d'un démantèlement qui "ne fera qu'ajouter des tensions aux tensions", selon elles. Les alternatives mises en avant par la préfète sont "très loin de répondre aux besoins et aux problèmes rencontrés", écrivaient les associations. "L'évacuation de la zone sud doit être menée à bien", avait répondu dans la soirée de jeudi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "Elle le sera de façon progressive, dans le respect des personnes". "Personne ne peut soutenir que (les) conditions indignes" dans lesquelles vivent les migrants de "la zone sud du campement de la lande" "sont préférables à celles qui sont proposées dans le CAP", avait-il dit.

Quelque 4.000 migrants vivent dans la "Jungle" située à l'est de Calais, et 1.100 au camp du Basroch à Grande-Synthe, dans l'espoir de gagner l'Angleterre.