Déchets nucléaires à Bure : un village meusien confirme la cession d'un terrain à l'Andra

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Déchets nucléaires à Bure : un village meusien confirme la cession d'un terrain à l'Andra
Des opposants s'en sont violents pris aux forces de l'ordre déployés pour protéger les membres du conseil municipal (image d'illustration) @ JEAN CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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Des opposants au projet d'enfouissement ont tenté d'empêcher les membres du conseil municipal d'entrer dans le bâtiment où ils ont adopté la cession du terrain à l'Andra.

Les gendarmes ont essuyé des jets de projectiles en marge du conseil municipal de Mandres-en-Barrois (Meuse) qui a voté jeudi soir la cession d'une forêt désignée par l'Agence nationale de Gestion des Déchets nucléaires (Andra) pour accueillir le projet d'enfouissement de déchets Cigéo, a indiqué la préfecture.

Une opposition violente. La cession de ce terrain de quelque 220 hectares avait été actée en conseil municipal en 2015 avant d'être invalidée par la justice fin février. "Une soixantaine d'individus, dont une trentaine cagoulés, s'était rassemblée jeudi soir devant la mairie puis a tenté d'empêcher l'accès des membres du Conseil municipal au bâtiment", a indiqué la préfecture dans un communiqué. Selon les organisateurs, "une centaine de militants" avaient fait le déplacement dans ce village de 120 habitants où des gendarmes mobiles avaient été mobilisés en nombre. 

"À l'issue de la délibération (...) des menaces ont été proférées par des opposants. Les élus du conseil municipal ont dû être escortés pour regagner leur domicile", a indiqué la préfecture. Les onze élus du village, arrivés à la mairie peu avant 20 heures, ont adopté la cession du terrain par six voix pour et cinq contre. 

Un affrontement avec les forces de l'ordre. "Une quarantaine d'individus s'en est alors pris aux forces de l'ordre en jetant des projectiles", des pierres, blocs de béton et morceaux de bois, selon la préfecture. Elles ont répliqué, faisant usage de grenades lacrymogènes "pour se protéger" et "disperser les opposants". Tenus à distance derrière des barrières, à une centaine de mètres de la mairie, les anti-Cigéo étaient venus dénoncer la "mascarade démocratique" du vote. 

Ils ont affirmé avoir été repoussés manu militari par les forces de l'ordre qui auraient aussi fait usage de matraques. "Mandres, village à vendre", "le nucléaire, non merci", pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles des antinucléaires qui ont appelé le maire à démissionner.

Une décision saluée par l'Andra et contestée par les opposants. "L'Andra prend acte de la décision du conseil municipal de Mandres qui vient de confirmer l'échange du Bois-Lejuc contre un autre bois, propriété de l'Andra", a réagi l'Andra. "Les études autour du projet vont se poursuivre sans précipitation et dans un esprit d'apaisement", a souligné l'Agence, saluant "le soutien des élus du territoire qui confirme qu'il s'agit bien d'un projet d'intérêt général, national et territorial."

Sur le terrain, les opposants ne décolèrent pas : ils entendent déjà attaquer la décision municipale en justice. "La guérilla juridique continue", a souligné un opposant qui se fait appeler "Michel". Le réseau Sortir du nucléaire a dénoncé "un simulacre de démocratie". "Derrière le vote, il faut voir la main de l'Andra" et "ce vote ne change rien à la détermination des opposants", a rappelé la fédération des antinucléaires qui observe "une militarisation du territoire".