Décès de Pierre Arpaillange, ancien garde des Sceaux de Mitterrand

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Décès de Pierre Arpaillange, ancien garde des Sceaux de Mitterrand
Pierre Arpaillange, avec Michel Roccard, alors Premier ministre, en 1990.@ AFP
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Également ancien premier président de la Cour des comptes, Pierre Arpaillange est mort à l'âge de 92 ans, a annoncé jeudi son épouse.

Pierre Arpaillange, ex-garde des Sceaux de François Mitterrand (1988-1990) et ancien premier président de la Cour des comptes, est décédé à l'âge de 92 ans, a annoncé jeudi son épouse, Nicole, confirmant une information du Monde.

Ancien résistant. Né le 13 mars 1924 à Carlux, en Dordogne, dans une famille d'instituteurs, Pierre Arpaillange s'est éteint mercredi soir dans sa maison de retraite du Cannet, dans les Alpes-Maritimes. Ce magistrat avait également été, dans les années 1980, procureur général près la cour d'appel de Paris, puis procureur général près la Cour de cassation.

Cet ancien résistant, qui avait débuté comme juge suppléant au tribunal d'Orléans, avait terminé une carrière de 45 ans au service de l'État comme premier président de la Cour des comptes, de 1990 à 1993.

Manque de maîtrise des codes politiques. Gaulliste, il a été, de 1967 à 1974, directeur de cabinet de trois gardes des Sceaux: Jean Foyer, Louis Joxe et Jean Taittinger. Il a aussi dirigé la campagne présidentielle, en 1981, de Marie-France Garaud. Au printemps 1988, au lendemain de la première cohabitation, le président François Mitterrand fait appel à ce réformiste élégant et à l'allure élancée pour succéder, comme garde des Sceaux, à Albin Chalandon.

"Sur 52 évadés, on en a repris 53". Son manque de maîtrise des codes de la politique lui vaut de passer 27 mois difficiles à la Chancellerie, où il accumule ce qui apparaît comme des bourdes. Il est notamment régulièrement chahuté à l'Assemblée nationale, où sa voix ne porte pas. Lors d'une séance en 1990, il lance cette fameuse phrase devenue objet de moqueries: "En 1989, sur 52 évadés, on en a repris 53." "Durant mon passage au gouvernement, j'ai appris douloureusement qu'en politique, il pouvait ne pas y avoir de limites à la dureté", confie-t-il quelques jours seulement après avoir quitté le gouvernement, en octobre 1990.