De l'électricité pour améliorer la mémoire

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De l'électricité pour améliorer la mémoire
@ MAXPPP
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SANTE - Les malades d'Alzheimer, notamment, pourraient profiter de cette technique jusque là utilisée pour traiter la dépression.

Stimuler le cerveau avec du courant électrique pour booster la mémoire ? L'idée peut surprendre ou effrayer mais la piste semble prometteuse selon les travaux publiés dans la célèbre revue Science par des chercheurs américains.

Une technique utilisée à d'autres fins. Jusque la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), c'est le nom de la technique, n'était utilisée que pour traiter les acouphènes ou la dépression. Ce qui est nouveau, c'est que, cette fois, les chercheurs ont utilisé cette technique pour booster la mémoire. 

Comment ça marche ? Le principe est de poser un appareil sur le crâne et de créer grâce à l'électricité un champ magnétique dans le cerveau. Il s'agit d'une technique indolore puisqu'on n'ouvre pas le crâne et on n'injecte aucun produit.  L'objectif est de modifier le fonctionnement de certains neurones. 

Résultat de l'expérience : une meilleure mémorisation. Lors de l'expérience documentée dans Science, 16 volontaires, en bonne santé, entre 21 et 40 ans, ont reçu une stimulation magnétique transcrânienne 20 minutes par jour, pendant cinq jours. Durant toute la durée de l'expérience, leur mission a été de mémoriser des images et des mots. Et les résultats ont été bluffants selon le directeur de la Fondation Plan Alzheimer, le Professeur Philippe Amouyel : "on s'aperçoit que les gens qui ont bénéficié de ces stimulations cérébrales ont une meilleure mémorisation de noms et de images auxquels ils ont été soumis", a-t-il expliqué à Europe1. Les effets de cette mémorisation sont-ils durables ? "L'amélioration des capacités mémoire persistent plus de 24 heures donc l'effet semble tout à fait intéressant et très prometteur pour des maladies où la mémoire est touchée", précise Philippe Amouyel.

Un espoir pour les victimes de troubles de la mémoire. Les résultats de l'expérience sont encourageants pour toutes les maladies qui provoquent des troubles de la mémoire : les AVC, les démences séniles et, bien sûr, Alzheimer. La technique n'est envisageable que si elle est appliquée au début de la maladie : on ne pourra, en effet, jamais rendre la mémoire à un patient gravement atteint. Les résultats seront-ils toujours aussi probants chez des personnes malades que chez des biens portants, c'est qu'il va falloir évaluer dans les prochains mois.