Dans les Ehpad, les biographes hospitaliers captent la mémoire des résidents

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Une dizaine de personnes en France exercent le métier de biographe hospitalier. Leur rôle : recueillir les témoignages de résidents en maison de retraite et Ehpad et les écrire dans des livres. 

C'est une question qui revient régulièrement au coeur de l'actualité. Comment accompagner au mieux la fin de vie des personnes âgées que ce soit en unité de soins palliatifs, en maison de retraite ou en Ehpad ? Certains ont choisi de recueillir le témoignage et d'écrire l'histoire de ceux qui sont au crépuscule de leur vie. On les appelle biographes hospitaliers. En France, seulement une dizaine de personnes exercent cette profession dont Magalie Verdet.

Un travail intégré à un projet de soin. Dans un Ehpad, maison de retraite médicalisée, de Fécamp, en Seine-Maritime, elle retranscrit les souvenirs de Roger, 86 ans.  Il n'oubliera jamais les sirènes de bombardements, en 1941, lorsque les Allemands occupaient encore la Normandie. "Un matin, on a entendu un bruit extrêmement violent, un vrombissement", explique-t-il. En face, la biographe hospitalière note tout sur son ordinateur. Cela fait plusieurs mois qu'elle écoute Roger. Le travail, intégré à son projet de soin est bientôt terminé. "La relecture de ce qu'il m'a déjà dit ça réveille d'autres souvenirs. Et on peaufine le récit", explique-t-elle.

Ne pas oublier. Marie-Claire, une autre résidente a commencé il y a plusieurs semaines. Dans sa chambre, de nombreuses photos anciennes de sa famille qu'elle craint d'égarer dans sa mémoire. "Vous savez, j'ai 93 ans. Je sais que je vais mourir mais je ne sais pas quand. Donc c'est très important, car perdre la mémoire c'est horrible mais ça n'intéresse personne", assure-t-elle.

Une phrase que la biographe hospitalière entend régulièrement. Or le livre, une fois terminé, vise justement à prouver le contraire. "Le fait de relire sa vie, automatiquement, ça réveille des questions. Le livre permet à ces personnes d'avoir un regard lumineux sur soi". 

Aider ceux qui restent. Mais ces biographies aident aussi ceux qui restent, les proches. Marie-Claude, une autre résidente a vu son frère partir il y a six mois. Depuis, elle garde précieusement sa biographie. "J'y tiens comme la prunelle de mes yeux. Il est toujours avec moi. Au lieu de me laisser aller ça m'encourage à lutter", assure-t-elle. 

Pour l'heure, seulement une dizaine de personnes en France ont été formées à la biographie hospitalière. Cette pratique n'est par ailleurs financée que dans quelques villes mais les biographes espèrent répandre ce métier tout comme le soulagement qu'il procure.