Dans les coulisses du concert d'Eagles of Death Metal

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Après le show, les musiciens avaient tenu à rencontrer des rescapés du Bataclan. Europe 1 a pu se glisser avec eux dans les coulisses.

Ils ont l’air un peu perdus, encore émus. "C’était pas un concert comme les autres", souffle Benjamin, qui sirote un fond de rhum dans un gobelet en plastique. Le 13 novembre 2015, il était spécialement venu du Danemark pour le concert au Bataclan. Mardi soir, pour la première représentation en France des Eagles of Death Metal depuis les attentats de Paris, il avait de nouveau fait l’aller-retour.

"C'était une grosse étape, vitale presque". "C’était très difficile au début. J’attendais juste qu’il y ait des coups de feu, c’est bête mais on a beau être des rockers, on était tous émus", confie-t-il au micro d'Europe 1. Finalement, "au fur et à mesure des chansons et des verres", la musique a pris le dessus. "J’ai dansé, chanté, beaucoup en yaourt mais je pense que tout le monde a pris du plaisir, c’était une grosse étape, vitale presque", avoue-t-il.

Retrouvailles. Quand le chanteur du groupe, Jesse Hugues, sort enfin de sa loge, des "oh my Godness" fusent. Très ému, le rocker aux bretelles rouges prend les fans un par un dans ses bras en leur demandant des nouvelles. "Qu’est-ce qu’il vous est arrivé ?". "J’ai reçu une balle dans le dos, et une à la jambe". "Et ça va ?". "Ça va, oui oui", lui sourit une jeune femme, dans les bras de laquelle il fond en larmes.

"L'un des meilleurs concerts de ma vie". Puis Jesse Hugues se penche sur Amandine, qui a reçu une balle de kalachnikov dans le tibia. Assise dans un fauteuil roulant, à côté de son chirurgien, elle porte un tee-shirt imprimé de cette phrase en anglais "j’aimerais pouvoir me lever pour toi, Jesse"."C’était l’un des meilleurs concerts de ma vie", confie la jeune femme qui s’est faite soutenir pour être debout à leur entrée sur scène, avant de "danser seulement des épaules". "On a fini ce concert, j’étais avec tous mes amis qui étaient avec moi au Bataclan et en plus je l’ai rencontré", se réjouit-elle.

"On voulait que tout le monde s'amuse". Juste à côté, l'un des guitaristes, Eden, discute avec Thierry et Coralie, chacun appuyés sur une béquille, mais un grand sourire aux lèvres.  "C’était super, c’était une bonne guérison", raconte le musicien, qui détaille pourquoi le groupe s’est contenté de clins d’œil à la France et à son public, sans s’appesantir sur le deuil et l’émotion. "On voulait que tout le monde s’amuse comme ils l’ont toujours fait, sans oublier ce qu’il s’est passé, mais en s’éclatant", explique-t-il.

"La boucle est bouclée". Thierry et Coralie acquiescent, presque sur un nuage. "Ça va très très bien, là, tout de suite", rit la jeune femme, qui porte encore un pansement à l'épaule. "Ils étaient là, ils sont victimes aussi, donc ils nous comprennent". "On était en contact avec tous les gens du Bataclan mais eux, on ne les avait pas vus, donc la boucle est bouclée", renchérit son ami. Un pas important dans leur reconstruction.