Dans ces matières-là, il n'y a toujours pas assez de profs

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Dans ces matières-là, il n'y a toujours pas assez de profs
@ DAMIEN MEYER / AFP
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Cette année encore, plus de 13% des postes ouverts au Capes restent vacants. 

Le recrutement des enseignants reste un casse-tête cette année. A peine 6.400 candidats ont réussi le Capes, le concours pour devenir professeur certifié du secondaire. Stable par rapport à l'année dernière, le nombre est certes en hausse de 24% par rapport à 2013. Pourtant, cette année encore, plus de 1.000 postes proposés dans ce même Capes restent vacants.

Les filières en tension. Les principales branches déficitaires sont les Lettres classiques, l'Allemand et, dans une moindre mesure, les mathématiques et l'anglais. Au Capes externe de lettres classiques il y a eu à peine 68 admis pour 230 postes ouverts au concours, soit 70% de postes vacants. En 2015, il y avait eu 89 reçus pour 230 postes.  En allemand, il n'y a eu que 149 admis pour 345 postes proposés, soit 56% de postes non pourvus. L'année dernière, il y avait eu 264 admis pour 340 postes.

Le recrutement s'améliore tout en restant déficitaire en mathématiques, avec 1.134 reçus pour 1.440 postes (contre 1.097 reçus en 2015 pour 1.440 postes aussi), de même qu'en anglais, avec 1.055 reçus pour 1.225 postes ouverts (966 lauréats pour 1.225 postes en 2015).

Faible niveau des candidats et crise des vocations. "La chute en allemand est principalement liée au niveau des candidats", a indiqué le ministère de l'Education nationale à l'AFP. Selon le jury, "un trop grand nombre de candidats doivent leur échec à leur difficulté dans l'expression en allemand"  et à la "méconnaissance de faits culturels et historiques significatifs dans les pays de langue allemande", poursuit-on au ministère.

En lettres classiques, c'est le "vivier" des candidats qui est en cause. "On a un problème à l'université pour convaincre les gens de suivre la filière lettres classiques", ajoute le ministère. Plusieurs disciplines "sont en crise depuis plus de cinq ans", reconnaît Caroline Lechevallier, responsable de l'entrée dans le métier au Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. L'actuel gouvernement a augmenté le nombre de postes au concours, réduit sous le précédent quinquennat, "mais ce levier ne suffit pas", estime-t-elle. L'attractivité du métier pâtit notamment de conditions de travail difficiles, qui ont été médiatisées et d'un début de carrière à 1,1 Smic.

Selon l’enquête d’une association de professeurs de langues anciennes, Cnarela, publiée en 2015 et citée jeudi par Le Monde, les universités comptabilisent entre 2 et 31 étudiants en première année de licence de lettres classiques, contre plusieurs centaines pour des matières comme la psycho, l'Histoire ou le Droit.