Un chauffeur UberPop : "il ne faut pas céder aux intimidations"

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Un chauffeur UberPop : "il ne faut pas céder aux intimidations"
AFP@ Commande d'un taxi UberPop sur l'application Uber.
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Europe 1 a rencontré Daniel, un chauffeur UberPop qui habite Marseille et promet de continuer à exercer malgré les intimidations des taxis et les contrôles de police. 

REPORTAGE

Daniel a 44 ans, est père de famille et habite Marseille. Porteur de presse, il a décidé de compléter son salaire en devenant chauffeur d'UberPop. Le service de chauffeurs amateurs proposé par le géant américain Uber déclenche pourtant la colère des taxis depuis plusieurs semaines. Certains s'en prenant même violemment aux chauffeurs et clients d'UberPop. Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a appelé mardi au calme mais a aussi rappelé que l'application se trouvait en "situation d'illégalité absolue". Néanmoins, malgré cela, Daniel, comme d'autres, promet de continuer à exercer. 

Rester discret. En quinze jours, Daniel a fait une soixantaine de course pour environ 400 euros. Mais les conditions de travail restent périlleuses. Le client doit monter devant et rester discret pour éviter de se faire repérer par les taxis.

"Des opérations commandos". Le chauffeur UberPop a déjà eu affaire à des taxis en colère. "Ce sont des opérations commandos à six personnes", relate-t-il. "On vous arrête, on vous crève les pneus (...). On vous raye la peinture, on vous humilie et on vous traite de voleurs". Daniel sait désormais comment s'en sortir : "dire 'oui, oui, oui' et puis, ils s'en vont". 

"Je continuerai". Face à ces "intimidations", Daniel promet "de ne pas céder". "Il n'y a qu'une personne qui peut me dire 'tu arrêtes', c'est Uber et aujourd'hui, légalement, Uber a le droit d'exercer", explique-t-il. 

Les contrôles de police. Autre menace mais beaucoup moins dangereuse : les contrôles de police. Lorsque Daniel est arrêté, il reconnaît volontiers conduire des clients mais selon lui, cela n'a jamais porté à conséquence : "On ne m'a pas retiré mon permis ni ma voiture. Je n'ai pas eu d'amende, j'ai toujours été en audition libre. Point à la ligne". 

En attendant que la justice se prononce, Daniel multiplie les petites courses à 4 euros, fidélise ses clients, des jeunes et des cadres qui n'arrivent pas toujours à trouver un taxi pour effectuer ce genre de trajet.