Crues : le pic (et ses conséquences) arrive à Paris

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La Seine doit atteindre son niveau le plus haut à Paris dans la nuit de dimanche à lundi. En amont comme en aval, certaines zones sont déjà sérieusement touchées.

Le pic de crue approche. La Seine devrait atteindre à Paris son niveau le plus élevé dans la nuit de dimanche à lundi. Si la situation n'approchera pas le record historique (8,62m en 1910), avec un maximum de 5,85 à 5,95m, les conséquences pour les riverains pourraient se faire ressentir plusieurs jours. Et "la situation reste plus sensible en aval, dans ce qu'on appelle les Boucles de Seine", a rappelé le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, dimanche.

"Il y a également l'Oise qui est assez gonflée", a expliqué le préfet. "Et là il faut s'attendre à un phénomène semblable à celui qui avait été connu en 2001, ou en 1982. En ce qui concerne l'amont, c'est sur la Marne que l'eau continue encore d'être en plateau de jour et pourrait continuer à monter un petit peu au-delà. La décrue sera lente. On a une perturbation qui est annoncée autour de mercredi, jeudi. Ensuite le temps sera froid et sec, ce qui devrait faciliter le retour à la normale."

"Peut-être qu'on ne reverra jamais ça". Dimanche, les péniches restaient immobiles le long des quais parisiens, pour beaucoup submergés, les lampadaires baignant dans une eau marronnasse près de laquelle s'aventuraient quelques pêcheurs. Côté transports, sept gares parisiennes du RER C, en bordure du fleuve, resteront fermées au moins jusqu'au 5 février.

Parisiens et touristes jouent des coudes pour prendre des photos du Zouave du pont de l'Alma, enfoncée sous l'eau jusqu'à la taille. La principale inquiétude exprimée autour de la statue emblématique semble triviale : "Peut-être qu'on ne reverra jamais ça !"

Marées hautes en Normandie. En amont de Paris, le niveau de la Marne était encore en légère hausse dimanche après-midi. En aval de Paris, sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra jusqu'en début de semaine prochaine, à des niveaux supérieurs à ceux de 2016 en raison de l'apport supplémentaire de l'Oise. Une attention particulière sera portée sur le secteur d'Elbeuf, près de Rouen, avec les marées hautes prévues lundi.

"Il n'y aura pas tout de suite de franche décrue, les niveaux vont rester élevés quelques jours", a précisé une porte-parole de l'organisme de surveillance, Rachel Puechberty.  Avec l'arrivée prochaine d'une onde de crue venant de la Marne, et des averses attendues en milieu de semaine, "il faudra attendre plus d'une semaine pour attendre des niveaux classiques pour la saison", a-t-elle ajouté.

Des sols gorgés d'eau. Au total, 1.500 personnes ont dû quitter leur logement en Île-de-France, a indiqué dimanche la préfecture de police. 1.500 foyers restaient aussi privés d'électricité, "essentiellement dans l'est" de la région parisienne, selon Enedis, le gestionnaire du réseau.

Les crues qui touchent diverses régions françaises résultent de fortes précipitations sur des sols gorgés d'eau. Le bimestre décembre-janvier est l'un des trois plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France. Mais les prévisions sont plus optimistes pour la semaine à venir et "les décrues sont désormais bien amorcées sur la majorité des parties amont des cours d'eau" en France, selon Vigicrues.