Criminalité organisée : chiffre d'affaires estimé entre 5 et 6 milliards d'euros

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Criminalité organisée : chiffre d'affaires estimé entre 5 et 6 milliards d'euros
Le chiffre de 5 à 6 milliards d'euros est "très en deçà de la réalité", a cependant prévenu la police judiciaire. Image d'illustration.@ PHILIPPE DESMAZES / AFP
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La part du trafic de stupéfiants dans cette estimation est prépondérante avec un chiffre d'affaires annuel de plus de trois milliards d'euros, a précisé vendredi la police judiciaire.

Le chiffre d'affaires de la criminalité organisée est estimé entre cinq et six milliards d'euros en 2017 en France même si cette évaluation est "très en deçà de la réalité", a fait valoir la police judiciaire vendredi.

Les stupéfiants, une part prépondérante. La part du trafic de stupéfiants dans cette estimation est prépondérante avec un chiffre d'affaires annuel de plus de trois milliards d'euros, ont affirmé plusieurs responsables de la police judiciaire à l'occasion de la présentation du rapport annuel du Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Un chiffre "très en deçà de la réalité". Ce chiffre est "très en deçà de la réalité", "d'une part car il ne porte pas sur tous les marchés criminels et d'autre part car on n'évalue jamais le chiffre noir (la réalité ndlr). On est en incapacité totale de l'évaluer", a souligné la chef du Sirasco, Cécile Augeraud. Cette estimation est réalisée sur la base de procédures effectivement menées par les services de police. "Ça ne montre que le chiffre révélé par l'activité des services", a précisé Corinne Bertoux, chef de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

"Pour donner un ordre de comparaison, l'ONUDC (office des nations unies contre la drogue et le crime) a estimé le chiffre d'affaires mondial de la criminalité organisée à 870 milliards de dollars en affirmant en même temps que ce chiffre ne tenait pas compte du chiffre noir", a complété Mme Augeraud.

Des secteurs criminels qui "se spécialisent"... Selon le constat dressé par le Sirasco, les services de police ont pu observer "une spécialisation de certains secteurs criminels, notamment sur le blanchiment avec des prestataires de service" pour d'autres communautés criminelles "en manque d'expertise" dans ce domaine, a souligné Cécile Augeraud.

... ou qui font preuve de "polyvalence". Le Sirasco constate également "une polyvalence opportuniste des groupes criminels dans une logique de maximisation des profits" : les passeurs de migrants couplant de plus en plus souvent leurs activités avec la traite des êtres humains ou les réseaux impliqués dans le trafic de cannabis se diversifiant dans la vente d'autres produits, en particulier la cocaïne dont le marché est en expansion malgré la hausse des saisies en 2017 (17 tonnes contre 8,5 tonnes en 2016, soit une hausse de 105%).

Dans l'Hexagone, beaucoup de narco-trafiquants français. Les groupes criminels organisés français représentent 80% des groupes implantés sur le territoire hexagonal, et sont largement issus du narco-banditisme, selon le Sirasco. Le trafic de stupéfiants est "à l'origine directe ou indirecte de la majorité des règlements de compte" commis en France. En 2017, 78 règlements de comptes visant 104 victimes ont été recensés par les services de police. 43 personnes en sont décédées.