COP 21 : les trois choses à retenir de la journée de lundi

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COP 21 : les trois choses à retenir de la journée de lundi
Laurent Fabius, François Hollande et Ban Ki-Moon.
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Les grands de ce monde sont réunis depuis lundi à Paris, pour parler climat… et pas que. 

François Hollande, Barack Obama, Xi Jinping, Shinzo Abe… 150 chefs d'Etats du monde entier sont réunis à Paris jusqu'au 11 décembre, dans le cadre de la 21e conférence mondiale sur le climat (COP 21). La journée de lundi a notamment était marquée par de grandes déclarations d'intention de certains d'entre eux en faveur du climat… et déjà par certaines dissonances.

>> Europe 1 vous résume ce qu'il faut retenir de cette première journée de négociations.

Tout le monde a plaidé pour la planète... La conférence est censée accoucher du premier accord universel permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Objectif : limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Après avoir respecté une minute de silence en hommage aux victimes des attentats, chacun des dirigeants de ce monde a donc lancé un appel unanime en faveur du climat.



"Nous devons (à nos enfants) une planète préservée des catastrophes. C'est un immense espoir que nous n'avons pas le droit de décevoir. Il s'agit de décider ici à Paris de l'avenir même de la planète", a déclaré François Hollande. A l'issue d'une rencontre, Barack Obama et son homologue chinois  Xi Jinping, les responsables des deux plus gros pollueurs de la planète, se sont dits conscients de "leur responsabilité d'agir". "Nous sommes la première génération à ressentir le réchauffement climatique et la dernière à pouvoir y faire quelque chose", a insisté le président américain. De la Brésilienne Dilma Rousseff annonçant des mesures de reboisement au Russe Vladimir Poutine appelant à "un accord contraignant et équitable"… tout le monde s'est prêté au jeu.

… Tout le monde a mis en garde tout le monde. Mais au-delà des messages volontaristes, les querelles n'ont pas tardé à faire surface. Pour l'heure, 184 pays ont formulé des engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effets de serre. Le hic : ces engagements ne permettront même pas de limiter la hausse de températures à 3°C, selon différentes prévisions prises pour base par les négociants. Pour faire plus, il va falloir s'entendre. Or, il existe encore des divergences sur la répartition des tâches entre pays émergents et pays développés. Et elles se sont faîtes entendre dans les déclarations de lundi.

Les pays développés doivent "assumer leurs engagements" à financer les politiques climatiques du Sud, a ainsi réclamé Xi Jinping, le président chinois. Les pays développés doivent "assumer plus de responsabilités" et les pays en voie de développement doivent être "autorisés à se développer", a renchéri le Premier ministre indien Narendra Modi. "Nous ne pouvons pas imposer la fin des énergies conventionnelles", a-t-il même insisté lundi soir. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est également senti obligé d'exhorter l'assemblée à ne pas s'en tenir à des "demi-mesures": "Vous ne pouvez pas vous permettre d'être indécis, de prendre des demi-mesures (...) L'histoire vous interpelle, je vous exhorte à répondre avec courage et vision".


Xi Jinping

AFP - Xi Jinping



Concrètement, les pays riches, responsables historiques du réchauffement, ont promis d'augmenter leurs aides pour arriver en 2020 à 100 milliards de dollars par an pour financer les politiques climatiques des pays en développement. Mais ces derniers demandent plus de garantis et un engagement après 2020.


Barack Obama et Vladimir Poutine pendant la COP21

AFP



Il n'y avait pas que le climat au menu. Des divergences, il n'y en a d'ailleurs pas eu qu'autour du climat. Vladimir Poutine a également refusé de rencontrer  le président turc Recep Tayyip Erdogan à Paris, malgré l'insistance de ce dernier. La Turquie va subir les sanctions économiques de Moscou après avoir abattu un bombardier russe à sa frontière avec la Syrie. Le président russe a en revanche accepté de rencontrer Barack Obama à huis clos, avec qui il a échangé sur la Syrie et l'Ukraine. Selon le Kremlin, les deux dirigeants se seraient notamment engagés pour redynamiser les recherches d'une solution politique en Syrie.