Comment réagir face au harcèlement sexuel en entreprise ?

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Comment réagir face au harcèlement sexuel en entreprise ?
"Quand il s’agit d’un supérieur hiérarchique, ça peut être difficile pour les autres salariés de témoigner", note Me Carine Durrieu-Diebolt. @ Pixabay
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"Ce qui est possible, c'est de demander les registres du personnel et de questionner sur le motif de la démission", explique à Europe 1 Carine Durrieu-Dielbot, avocate de nombreuses victimes de viol ou de harcèlement sexuel.

INTERVIEW

Un an après la naissance du mouvement #MeToo, les choses ont-elles changé dans le monde de l'entreprise ? Pas réellement selon une récente enquête Ifop : si 32% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel au cours de leur carrière, moins de la moitié ont osé en parler à leur supérieur, à un syndicaliste ou aux ressources humaines. Un diagnostic confirmé par Me Carine Durrieu-Diebolt, qui défend de nombreuses victimes de viol ou de harcèlement sexuel. Pour faire changer les choses, l'avocate, interrogée par Europe 1, cherche parfois elle-même les femmes concernées.

"Questionner sur le motif de la démission". "Quand il s’agit d’un supérieur hiérarchique, ça peut être difficile pour les autres salariés de témoigner", note l'avocate. "Mais ce qui est possible, c’est de demander les registres du personnels et de répertorier les salariés et les stagiaires qui ont démissionné de manière surprenante ou très rapide, puis de les questionner sur le motif de la démission."

"Donner du poids à des poursuites pénales". "De cette manière-là, j’ai un dossier qui a abouti", poursuit Me Durrieu-Diebolt. "Ma cliente elle-même a été victime d’une tentative de viol lors d’un séminaire. (...) Elle m’avait signalé d’autres salariés ou stagiaires qui étaient restés très très peu de temps. Ça nous a questionnées, on a questionné la police à cet égard, et on a pu retrouver d’autres victimes d’agissements répréhensibles, donc bien entendu cela donne du poids à des poursuites pénales."