Comme Théo, Alexandre a été violé par des policiers : "Ils ont pris mon intimité"

  • A
  • A
Partagez sur :

Le tribunal de Bobigny va rendre son jugement à l'encontre d'un policier municipal, poursuivi pour violences volontaires et non pas pour viol, ce que ne comprend pas la victime.

Alors que l'affaire Théo est dans tous les esprits, le tribunal de Bobigny rend lundi son jugement à l'encontre d'un policier municipal de Drancy, en Seine-Saint-Denis. Il est accusé d'avoir violenté avec sa matraque le jeune Alexandre, lors d'une arrestation mouvementée il y a un an et demi.

"Ils ont pris mon intimité". Depuis, Alexandre, 28 ans, a toujours des séquelles. "J'ai toujours des saignements. La nuit, je fais des cauchemars. Tout le monde parle sur moi dans la rue. Je suis suivi par un psychologue, je me sens mal", confie-t-il. Le mois dernier, le procès n'a rien arrangé. Le policier municipal n'a livré aucune explication. Quant au procureur, il a évoqué une pénétration quasi-accidentelle. Un argumentaire inacceptable pour Alexandre. "Ils ont pris mon intimité. Il y en a un qui m'a dit : 'Tu te rappelleras de la police municipale'", se remémore-t-il. "Pour moi, ce n'est pas une violence volontaire. C'est un viol", insiste le jeune homme.

Un seul policier poursuivi sur les trois présents. Dans cette affaire, Alexandre dénonce une forme de "deux poids, deux mesures". "Pour moi, la justice est différente pour les jeunes et pour les policiers. Si c'était moi, ce serait un viol, je serais en prison avec un mandat de dépôt", estime-t-il. "Le pire, c'est qu'il [le policier] travaille. Il n'y a pas de sanctions, il n'y a rien", peste le jeune homme. Alexandre ne comprend pas non plus pourquoi un seul des trois policiers municipaux se trouve sur le banc des accusés. "Pourtant, quand il m'a rentré la matraque, ses collègues me tiraient bien les épaules, avec les menottes dans le dos et allongé sur le ventre", témoigne-t-il.

Six mois de prison avec sursis requis. Au procès, le policier municipal "a parlé comme si j'étais un chien", dénonce Alexandre. "Les juges ont même constaté qu'il me parlait comme si j'étais un animal. Il ne s'est même pas excusé, rien…", déplore-t-il. En pleine affaire Théo, Alexandre espère voir le policier lourdement condamné. Bien plus que les six mois de prison avec sursis, requis par le procureur.