Clearstream : retour aux origines

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Clearstream : retour aux origines
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Le tribunal de Paris a examiné mardi les origines de l'affaire : les échanges entre un consultant et d'un journaliste.

Ils ont tous les deux eu les fichiers entre les mains. Ils n’ont rien à se reprocher, bien au contraire explique l'ex auditeur stagiaire Florian Bourges. S’il a envoyé tous ces fichiers au journaliste Denis Robert, qui enquêtait et faisait des livres sur Clearstream, c’était pour vérifier des anomalies découvertes pendant son audit. Des fichiers d’erreur et des comptes fantôme suspects que les responsables du cabinet d’audit lui demandaient justement de passer sous silence.

"C’est exact", confirme Denis Robert. "Il y avait un climat de suspicion autour de Florian Bourges au point qu’il a utilisé un pseudo pour me contacter. Mais les fichiers qu’il m’apporte sont une mine de révélations : 33.000 comptes bancaires dont 6.000 ouverts dans des paradis fiscaux, dont certains par des multinationales, alors que c’est interdit."

Persuadés d’aider la justice pour lutter contre l’argent sale, les deux hommes vont confier ensuite tous ces documents à Imad Lahoud, un ancien trader devenu espion pour les services secrets qui est jugé lui aussi à leurs côtés. "C’est là que j’ai été manipulé", explique Florian Bourges. "C’est un traître, c’est impossible de ne pas se faire avoir par Lahoud", confirme Denis Robert. Mais au final conclue le journaliste avec un brin d’autosatisfaction, "si tout le monde a crû à cette manipulation, c’est parce qu’elle s’appuie sur mon enquête, qui était solide".

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