Cinq dirigeants de l'ETA inculpés pour crimes contre l'humanité

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Cinq dirigeants de l'ETA inculpés pour crimes contre l'humanité
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Un juge espagnol a inculpé cinq ex-dirigeants de l'ETA, dont quatre sont incarcérés en France, pour crimes contre l'humanité.

Un juge espagnol a inculpé cinq ex-dirigeants de l'ETA, dont quatre sont incarcérés en France, pour crimes contre l'humanité, pour les attentats perpétrés par l'organisation séparatiste basque depuis octobre 2004, faisant une douzaine de victimes.

Une nouvelle ordonnance vise l'organisation séparatiste. Dans une ordonnance datée de mardi, un juge de l'Audience nationale, juridiction compétente en matière de terrorisme, met en examen José Antonio Urruticoetxea dit "Josu Ternera", dirigeant historique de l'organisation (1977-1992) en fuite depuis une dernière tentative d'arrestation, en France, en 2013. L'ordonnance vise aussi les anciens chefs militaires présumés Garikoitz Aspiazu Rubina alias "Txeroki", interpellé en 2008 en France, Ángel Iriondo Yarza, (arrêté en 2008) et Mikel Carrera Sarobe (2010), ainsi que Aitor Elizarán Aguilar, ex-chef de l'appareil politique (2009).

Plusieurs attentats dont ils avaient connaissance. Le magistrat Juan Pablo Gonzalez y détaille les attentats commis par l'ETA à une époque où les cinq prévenus sont soupçonnés d'avoir dirigé l'organisation, dont l'attentat commis le 30 décembre 2006 au terminal 4 de l'aéroport madrilène de Barajas, qui avait tué deux Equatoriens. En tout, une douzaine de personnes avaient été tuées entre 2004, date de l'entrée en vigueur d'un nouveau code pénal prévoyant cette notion de "crime contre l'humanité", et mars 2010, année du dernier mort, un policier français, tué lors d'une course poursuite en région parisienne.
Le crime contre l'humanité est l'"attaque systématique contre une partie de la population, composée de collectifs poursuivis pour des raisons politiques et idéologiques, dont l'élimination et l'expulsion (...) sont considérées stratégiquement nécessaires par l'organisation pour des raisons politiques", justifie le magistrat en estimant que cette définition peut être retenue.