Cinq bonnes idées pour lutter contre le gaspillage alimentaire

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Cinq bonnes idées pour lutter contre le gaspillage alimentaire
Le gaspillage alimentaire représente 20 kilos de déchets par an et par personne en France (image d'illustration). @ AFP
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A l’occasion de la journée de lutte contre le gaspillage alimentaire, voici cinq initiatives intéressantes autour de la question. 

16 milliards d’euros. C’est le montant annuel – colossal – du gaspillage alimentaire* en France, selon une récente étude de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). En 2013, un Pacte national de lutte contre le gaspillage – visant à réduire de moitié les pertes d’ici 2025 – a été lancé. Tous les acteurs de la chaîne alimentaire (producteurs, restaurateurs, transporteurs, consommateurs,…) y sont associés. Autant de partenaires engagés pour tenter d’endiguer ce fléau.

>> A l’occasion de la cinquième journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, Europe 1 recense cinq belles initiatives :

1. Une appli pour faciliter les dons des supermarchés. Depuis le 3 février 2016, les grandes surfaces françaises n’ont plus le droit de jeter de la nourriture – sous peine de recevoir une amende de 3.750 euros en cas de refus de mettre les invendus à disposition d'une association agréée. Et pour aider les supermarchés à donner leurs invendus, une application mobile et gratuite a été lancée ce lundi. "Cette appli correspond au service après-vente 2.0 de la loi", a souligné Arash Derambarsh, élu municipal de Courbevoie et l'un des initiateurs de la loi.

The Food Life, reliée au site thefoodlife.org, recense et cartographie plus de 7.000 supermarchés en France, dont la superficie est comprise entre 400 et 2.500 mètres carrés. Sur une carte de France, chaque grande surface est indiquée par un onglet où apparaissent l'enseigne, l'adresse et un numéro de téléphone, à charge pour chacun des magasins de préciser le volume de produits frais à distribuer et l'heure à laquelle ils seront disponibles pour que les associations puissent venir les récupérer.

2. Une pastille anti gaspi. C’est sans aucun doute une révolution dans le monde alimentaire. Depuis dix ans, la société nantaise Cryolog travaille à la création d’une puce fraîcheur pour remplacer le système de date limite de consommation (DLC). Cette vignette *intelligente* passe du vert au rouge – grâce à des micro-organismes – à mesure que le produit devient impropre à la consommation.  

Le dispositif permettrait de détecter d’éventuelles ruptures de la chaîne du froid et, surtout, d’améliorer la lutte contre le gaspillage – de trop nombreuses denrées sont jetées au nom du principe de précaution. Pour l’heure, TopCryo – le nom de la pastille – est utilisée uniquement par les professionnels. Mais l’entreprise nantaise veut percer le monde de la grande distribution. Et depuis octobre dernier, première réussite, les magasins Franprix se servent de ces nouvelles étiquettes pour leur colis de livraison à domicile.

3. Éduquer les jeunes générations avec des contes. "Jeter moins, c’est manger mieux", explique le ministère de l’Agriculture dans sa nouvelle campagne de communication à l’occasion de la cinquième journée de lutte contre le gaspillage alimentaire. Et pour tenter de sensibiliser les jeunes générations, le ministère a eu la très bonne idée de détourner des contes d’enfance très connus. "Le Corbeau et le Renard" devient "Maître Corbeau ne laissera plus tomber son fromage. "Blanche-neige et les sept nains" est transformé en "Blanche-neige aurait dû croquer une pomme moche". Une campagne à télécharger directement sur le site du ministère.

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4. Une charte dans les restaurants. Autre acteur concerné par le gaspillage alimentaire : les restaurateurs. La Jeune chambre économique de Montpellier a choisi de remettre à plusieurs restaurateurs héraultais sa charte Mon Resto Gaspi Zéro pour récompenser les bonnes pratiques (bonne gestion des stocks, gestion des déchets, mise en service de doggy bag,...). Le fast-food StreetCroque a ainsi récupéré le label pour son bon comportement. La cheffe d’entreprise "gère si bien ses stocks qu’elle ne perd qu’un filet de poulet tous les deux mois", raconte au Figaro Marine de Beaufort, membre de la Jeune chambre économique de Montpellier.  

5. Le glanage, une autre bonne idée. Dans la Sarthe, un collectif anti-gaspillage alimentaire qui recense les bonnes initiatives veut développer le glanage. "Le glanage, c'est ce qui reste dans le champ et qui ne va pas être récolté par le producteur, parce que par exemple les pommes de terre sont trop petites et elles ne passent pas dans les machines", explique Isabelle Thimon, référente du collectif72 anti-gaspi à France Bleu Maine. Leur idée est simple : mettre en place un annuaire des producteurs ouverts au glanage. Autant de gestes extrêmement utiles pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

* Le gaspillage alimentaire représente 20 kilos de déchets par an et par personne en France, selon le ministère de l'Agriculture.