Cette légion d'honneur qui choque les victimes du Médiator

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Cette légion d'honneur qui choque les victimes du Médiator
Irène Frachon, à l'origine de l'affaire du Médiator.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Henri Nallet, longtemps salarié du groupe Servier, a été promu au grade de commandeur de l'Ordre de la légion d'honneur.

A l'occasion du 14-Juillet, l'Ordre national de la Légion d'honneur a accueilli de nouveaux membres. Parmi eux, un nom fait polémique, celui d'Henri Nallet. L'ancien ministre de la Justice de François Mitterrand a longtemps été salarié du groupe pharmaceutique Servier et pour les victimes du Médiator, cette promotion au grade de commandeur est un scandale. Certaines demandent même l'annulation du décret.

Nallet a touché 2,7 millions d'euros de Servier. Dans une lettre à François Hollande publiée lundi sur le site de Libération, Irène Frachon, la pneumologue à l’origine de l’affaire du Mediator, raconte d'abord "sa stupeur " et son "désarroi" quand elle a appris la nouvelle par la presse. Puis elle s'en prend directement à Henri Nallet qui, de 1997 à 2008, aurait touché 2,7 millions d'euros pour ses fonctions au sein du deuxième groupe pharmaceutique français, selon Le Figaro.

Les victimes du Médiator vont saisir la justice. "Quelles que soient les qualités d’ancien ministre de monsieur Nallet, personne et surtout pas les victimes du Mediator n’oublieront aujourd’hui que monsieur Nallet a été entendu fin 2013 sous le statut de témoin assisté par les juges d’instruction dans l’affaire du Mediator pour son rôle en tant que conseiller spécial et personnel de Jacques Servier, notamment entre 1997 et 2008, soit exactement la période durant laquelle la tromperie exercée par Jacques Servier et son entreprise a pris un tour particulièrement criminel et lourd de conséquences humaines", écrit-elle, particulièrement remontée.

"Les victimes du Médiator" dont parle Irène Frachon vont elles aussi intervenir dans les prochains jours. Le Figaro croit ainsi savoir que, "emmenées par Me Joseph Oudin, plusieurs d'entre elles vont saisir le Conseil d'État pour demander l'annulation du décret portant nomination d'Henri Nallet."

"Je suis effaré". Les politiques semblent eux aussi quelque peu gênés de cette décision de promouvoir l'ancien conseiller de Jacques Servier. "Je suis effaré. On comprend que les victimes puissent rester abasourdies face à cette nouvelle", a réagile député PS Gérard Bapt sur francetv info. "Avec de tels comportements, il ne faudra pas s'étonner si l'on prend une baffe aux prochaines élections", juge un autre socialiste dans Le Figaro. La balle est dans le camp du Conseil d'Etat.