Cédric Herrou : "On croyait que la justice était souveraine, on s'est trompé"

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L'agriculteur Cédric Herrou, à nouveau condamné mardi pour avoir aidé des migrants, a fustigé le paradoxe entre l'obligation d'assistance aux personnes en danger et la réponse de la justice.

INTERVIEW

Cédric Herrou, 37 ans, a été condamné mardi en appel à 4 mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants. La cour d'appel d'Aix-en-Provence a eu la main plus lourde que le tribunal de première instance qui l'avait condamné à 3.000 euros d'amende avec sursis pour avoir fait passer la frontière à environ 200 migrants et en avoir accueilli chez lui en 2016. Invité d'Europe 1 mardi midi, l'agriculteur ne décolère pas.

Alerter sur une situation humanitaire grave. "Nos actions sont, pour nous, légales. Il s'agit d'alerter les pouvoirs publics sur le fait qu'il y a des mineurs isolés, des personnes en demande d'asile qui ne sont pas considérées", dans la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne. "On a voulu, en ayant confiance en la justice, l'alerter, en pensant qu'elle était souveraine et indépendante. Je crois qu'on s'est un peu trompé", glisse-t-il dans un rire jaune. 

Qu'ils soient considérés "en tant qu'humains". Devenu le symbole de l'aide et de la défense des migrants, Cédric Herrou souligne le paradoxe de sa condamnation. "D'un côté, il y a la loi qui nous oblige à assister des personnes en danger. On le fait, on alerte via la presse l'Etat et la justice sur ce problème dans notre vallée, et la réponse, c'est une menace de prison", s'insurge-t-il. "Il faut rappeler ce qu'est la France, le pays des droits de l'homme. La France s'est battue pour la protection de l'enfance, il ne faut pas perdre tout ça. (…) On n'est pas là à vouloir faire rentrer toute l'Afrique, on veut que les gens qui se trouvent sur le territoire français soient considérés en tant qu'humains, et non pas en tant que colis, que bestiaux comme actuellement. On veut que la France reste digne, noble, belle", plaide-t-il.

Le militant en appelle désormais à Emmanuel Macron. "J'alerte monsieur le Président, que je respecte beaucoup. Je l'appelle à agir, à réagir, à prendre position", lance-t-il sur Europe 1. Cédric Herrou a d'ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation.