Ce que révèle l'intégralité de l'interview de Penelope Fillon au "Sunday Telegraph"

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Ce que révèle l'intégralité de l'interview de Penelope Fillon au "Sunday Telegraph"
"Envoyé Spécial" a rendu publique l'intégralité de l'interview de Penelope Fillon. @ Capture d'écran
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Accusé par l'équipe du candidat LR d'avoir sorti des propos de Penelope Fillon de leur contexte, le magazine "Envoyé Spécial" a publié l'intégralité d'une interview réalisée en 2007.

"On s'appuie sur une ancienne interview, en anglais, là aussi sortie de son contexte, dans laquelle elle explique qu'elle n'a jamais été mon assistante". Quelques jours après la diffusion dans le magazine Envoyé Spécial d'extraits d'une interview de son épouse, accordée en 2007 au Sunday Telegraph, François Fillon a opté pour une ligne de défense claire, lundi : les propos de sa femme, qui y affirme n'avoir "jamais été son assistante", auraient été sélectionnés et montés "à charge". En réaction à cette contre-attaque, Envoyé Spécial a rendu publique l'intégralité de l'interview accordée au média britannique, dans laquelle l'épouse du candidat LR s'exprime en anglais.

"Je préférais élever mes enfants au vert". L'entretien commence par le récit de la rencontre entre François Fillon et Penelope, jeune Galloise étudiante au University College de Londres, lorsqu'elle était assistante d'anglais dans un collègue du Mans. Tous deux font d'abord partie du même groupe d'amis, avant qu'une relation amoureuse ne s'installe "progressivement", explique Penelope Fillon. En 1980, elle s'installe en France. Diplômée de droit, elle travaille "dans une maison d'édition", pendant un an.

Je l'ai toujours accompagné dans ses meetings

"Les politiciens doivent avoir un ancrage local", poursuit Penelope Fillon. "Et je préférais élever mes enfants au vert, donc j'ai décidé que je vivrais de manière permanente dans la Sarthe. À cette époque, François passait trois jours par semaine à Paris, et les quatre autres dans la Sarthe." S'est-elle impliquée dans ses différentes campagnes ? "Oui. Je l'ai toujours accompagné dans ses meetings et en m'occupant des taxes auxiliaires, comme distribuer des tracts, les glisser sous les portes, ce genre de choses", répond l'épouse de François Fillon.

"Je ne m'occupe pas de sa communication". C'est à ce moment de l'interview qu'interviennent les propos sélectionnés par Envoyé Spécial. "J'ai effectué diverses tâches à Sablé quand il était maire, avec des associations de personnes âgées, ce genre de choses", explique Penelope Fillon. "Mais je n'ai jamais, en fait, été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre." Et de poursuivre : "je ne m'occupe pas de sa communication". La journaliste passe ensuite à un autre sujet.

Penelope Fillon évoque ses cinq chevaux, expliquant qu'elle a moins de temps à leur consacrer. "J'avais commencé à faire un peu d'élevage, mais ça n'a duré que jusqu'à ce que je vienne vivre principalement à Paris, il y a cinq ans", souligne-t-elle. L'interview est enregistrée en 2007, à un moment où elle est, depuis 2002, rémunérée en tant qu'assistante parlementaire de Marc Joulaud, suppléant de François Fillon. Une fonction justifiée par le député LR en ces mots : "Je voulais garder la main sur la circonscription. Et c'est mon épouse qui a tenu ce rôle essentiel." À en juger par l'interview au Sunday Telegraph, ce rôle a donc été "tenu" depuis la capitale, et non la Sarthe.

"J'ai toujours réussi à avoir ma propre vie en parallèle". À plusieurs autres moments de l'interview, Penelope Fillon semble en outre revendiquer une certaine indépendance vis à vis des fonctions de son époux. "Étant donné les activités de François, je pense que cela a été utile que je garde un peu mes distances", explique-t-elle à propos de son choix de s'installer dans la Sarthe. "Je suis le mouvement, mais dans la mesure où j'ai toujours réussi à avoir ma propre vie en parallèle, cela ne m'a pas dérangé", répond-elle encore à propos de son déménagement à Paris.

Je ne suis pas si stupide

Au moment où elle échange avec la journaliste, Penelope Fillon indique enfin qu'elle vient de s'inscrire à l'université, pour suivre des cours de littérature anglaise. "Je me suis rendue compte que si je n'avais pas eu mon dernier enfant, je serai probablement allée chercher un travail", explique-t-elle. "Je me suis rendue compte que les enfants ne me voyaient que comme leur mère, même quand je leur explique : 'vous savez, j'ai un diplôme de français, j'ai fait du droit, j'ai eu le concours d'avocat, je ne suis pas si stupide'", poursuit l'épouse de François Fillon. À propos de ses nouvelles études, elle ajoute : "alors, je me suis dit que ça me remettrait au travail, que ça me stimulerait intellectuellement."