Ce que reprochent les juges à Bernard Squarcini

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Ce que reprochent les juges à Bernard Squarcini
Bernard Squarcini a été mis en examen dans le cadre d'une enquête sur un trafic d'influence@ @ MARTIN BUREAU / AFP
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Détournements de fonds publics, trafic d'influence et violation du secret de l'enquête : l'ex-patron du renseignement intérieur ne conteste aucune de ses mises en examen. Mais il les minimise.

C'est une longue liste de délits présumés que reprochent les juges à Bernard Squarcini, l'ancien numéro un du renseignement intérieur, récemment mis en examen. S'il ne les contestent pas, l'homme, surnommé "le squale" minimise ces accusations et a bien du mal à les digérer.

Son ancienne secrétaire travaillait encore pour lui. Bernard Squarcini a notamment été mis en examen pour détournement de fonds publics. Une formulation qui peut laisser penser que l'ancien patron de la DCRI a piqué dans la caisse. Ce qui lui est en réalité reproché, c'est d'avoir demandé à son ancienne secrétaire de trouver un médecin en urgence pour de la ventoline ou de lui réserver des billets de bateau qu'il a lui même payés. Dans la même veine, les juges reprochent également à ce proche de Nicolas Sarkozy d'avoir continué à recevoir la revue de presse envoyée tous les jours aux cadres du renseignement intérieur. Une publication dont le coût de fabrication s'élèverait à 8.000 euros par an, selon les avocats de Bernard Squarcini.

Trafic d'influence. Après une carrière à la DCRI, l'ex-patron du renseignement intérieur s'est reconverti dans le privé mais aurait joué de son influence pour certaines interventions qu'il qualifie d'"anodines". Il aurait ainsi facilité l'accès au tarmac du Bourget pour deux pilotes de LVMH. Une autre intervention "anodine" a également retenu l'attention des juges : celle pour accélérer l'obtention du visa d'une aide-soignante dans l'entourage du patron de LVMH, Bernard Arnault.

Violation du secret de l'enquête. Les écoutes pratiquées pendant deux mois en 2013 par les enquêteurs montrent que Bernard Squarcini a souvent sollicité d'anciens collaborateurs de la DCRI pour travailler sur la contrefaçon, un de ses domaines d'activité après s'être reconverti dans le privé. Un échange d'informations qu'il trouve légitime car la contrefaçon sert parfois de micro-financement pour le terrorisme - mais qui n'est pas prévu par la loi actuelle. Dans le cadre de l'affaire Hermès-LVMH, aussi, Bernard Squarcini aurait contacté le patron de la PJ parisienne et un ancien magistrat afin de savoir où était la plainte. Un magistrat qui travaille aujourd'hui... chez LVMH.

De son côté, Bernard Squarcini assure qu'il n'a jamais entravé la moindre enquête : "On a raclé les fonds de tiroirs", a-t-il confié à Europe 1. "On a attendu trois ans pour sortir ce dossier opportunément". Sous entendu, pour affaiblir Nicolas Sarkozy.