Catastrophe de Brétigny : la baisse des effectifs mise en cause

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Catastrophe de Brétigny : la baisse des effectifs mise en cause
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Un nouveau rapport sur le déraillement de Brétigny dénonce la baisse des agents chargés du contrôle des voies. 

La SNCF enchaîne les rapports accablants sur la catastrophe de Brétigny. Fin octobre déjà, un rapport non judiciaire pointait le "dysfonctionnement institutionnel" dont aurait découlé cet accident, qui avait fait sept morts et des dizaines de blessés le 12 juillet 2013. Un nouveau rapport publié mercredi et dévoilé par France Info enfonce encore le clou. 

Baisse drastique des effectifs. Demandé par les élus du CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de l'établissement ferroviaire Sud-Ouest francilien, qui gère la zone de Brétigny, le rapport, réalisé par un cabinet d'expert agréé par le ministère du travail, est le premier à chiffrer exactement les baisses d’effectifs. Sur le secteur de Brétigny 1, où s’est produit l’accident, il y avait, en dehors de l’encadrement, 8 agents chargés de la surveillance en 2012. C’est moitié moins qu’en l’an 2000.

Sur un secteur plus élargi, comprenant la zone de Brétigny, de Dourdan et d’Etampes, on comptait en 1985 environ 150 agents de surveillance. En 2013, ils n’étaient plus que 44.

Des délais de travaux trop longs. Autre problème soulevé par le rapport : le délai entre le constat d’une anomalie et la réalisation de travaux semble démesurément long. Dès 2011, il est apparu que l'aiguillage de Brétigny devait être remplacé. Le changement est alors bien prévu...mais pour 2016 !

La SNCF conteste les chiffres. "Je conteste les chiffres du rapport, qui sont parcellaires et approximatifs", a réagi auprès de l'AFP Claude Solard, directeur général de SNCF Infra, en charge de l’infrastructure ferroviaire. Pour celui-ci, "on compare des chiffres locaux, alors qu'il y a des interventions de plus en plus importantes d'effectifs régionaux ou nationaux". Pour autant, Claude Solard ne remet pas en cause les baisses d'effectifs même si, selon lui, "elles sont exagérées dans le rapport".