Calvados : les pompiers condamnés après avoir mal éteint un incendie

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Calvados : les pompiers condamnés après avoir mal éteint un incendie
Lorsque le deuxième incendie s'est déclaré, les pompiers ont mis une quarantaine de minutes à revenir sur les lieux (photo d'illustration). @ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Une maison a totalement brûlé dans un incendie après qu'un premier feu a été mal circonscrit par les pompiers. 

Les pompiers du Calvados ont été condamnés à verser 10.000 euros à un couple dont la maison avait brûlé mais dont l'incendie, mal circonscrit, avait entraîné un second feu qui avait consumé totalement leur domicile, selon un jugement du tribunal administratif de Caen.

Nouveau départ de feu. Le 6 décembre 2011, peu après 21 heures, un incendie s'était déclaré dans une maison de Longues-sur-Mer, dans le Calvados. Les sapeurs-pompiers du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Calvados étaient intervenus jusqu'à 2h30 du matin. Les combles, la toiture et une partie du premier étage avaient alors été complètement détruits. Mais une demi-heure plus tard, un voisin constatait un nouveau départ de feu et rappelait les pompiers. Ces derniers mettaient alors une quarantaine de minutes pour faire les 15 kilomètres qui les séparaient du sinistre. L'intégralité de la maison s'était alors consumée.

La commune hors de cause. Les époux n'ayant pu récupérer leurs effets personnels, ils demandaient à la justice administrative de condamner le SDIS et la commune de Longues-sur-Mer à leur verser chacun 20.000 euros en réparation de leur préjudice moral. Dans un jugement daté du 21 septembre, révélé par l'hebdomadaire Liberté Bonhomme, le tribunal administratif de Caen a mis hors de cause la commune mais condamné le SDIS à verser 10.000 euros au couple. 

Une "faute de service". Les magistrats ont jugé que la reprise du feu est bien "imputable à la faute du SDIS": "En ne dégarnissant pas la totalité du plancher des combles pour découvrir l'ensemble des matières en combustion et en quittant les lieux après avoir circonscrit le premier tout en s'abstenant de prévoir toute mesure de surveillance, alors qu'il s'agissait d'une habitation à ossature bois particulièrement combustible, les pompiers ont commis une faute de service". Ils ont estimé que le SDIS devait indemniser les sinistrés pour la destruction de leurs effets personnels car "il résulte de l'instruction que les intéressés ont souhaité récupérer quelques effets personnels après le premier incendie mais qu'il leur a été indiqué par les pompiers que cela était inutile dès lors que l'incendie était éteint et que les lieux allaient être surveillés".