Calais : comment s'est préparé le démantèlement de la "Jungle"

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Le bidonville de la sous-préfecture du Pas-de-Calais sera évacué à partir de lundi 8h, avant d'être détruit.

REPORTAGE

Quatre semaines après la visite de François Hollande à Calais, sa promesse de démantèlement de la "Jungle" devient réalité. Le bidonville de la sous-préfecture du Pas-de-Calais sera évacué à partir de lundi 8h, avant d'être détruit. Comment s'est préparé ce démantèlement ce weekend ? Reportage.

"Jungle's finish", reconnaissent les migrants. Des membres de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofrpa) ont sillonné dès samedi les allées du bidonville pour convaincre les migrants d'accepter d'être pris en charge dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) partout en France. Des flyers traduits en toutes les langues ont été distribués pour expliquer les dispositifs d'évacuation.

Depuis l'annonce officielle du démantèlement vendredi, la plupart des migrants se sont rendus à l'évidence : "Jungle's finish", "la jungle c'est finie". Ceux qui ont accepté d'être pris en charge auront accès à "un sas" dès lundi matin, un grand hangar sur un terrain de 3.000 m2, loué spécialement et situé à 300 m de la "Jungle". Ils seront ensuite répartis dans des cars, avant d'être envoyés dans les 287 Centres d'accueil et d'orientation (CAO) présents partout en France (hors Corse et Île-de-France). 

D'autres migrants ont quant à eux anticipé le démantèlement. Selon nos informations, ils sont quelques centaines à avoir quitté le camp avec un sac ou une valise, espérant toujours pouvoir rejoindre la Grande-Bretagne. Ces migrants s'exposent désormais à des arrestations, voire à des expulsions.

La préfète a rencontré les "chefs de communauté". Lundi, 1.250 policiers et gendarmes seront engagés pour le bon déroulement de l'opération. "C'est une opération à risques, qui peut dégénérer, avec la nécessité de faire intervenir la force publique", admettent les pouvoirs publics. Selon la préfecture, ce sont surtout des militants prêts à en découdre qui risquent de poser problème plus que les migrants. Le week-end des 15-16 octobre a été signalée l'arrivée de 150 à 200 "No Border" (militants européens prônant l'abolition des frontières). 

Ces dernières heures, il y a déjà eu quelques accrochages, la nuit dernière précisément, entre une poignée de migrants et des CRS aux abords de la rocade portuaire de Calais. Quelques jets de pierre ont fait face à des jets de gaz lacrymogène. Mais les autorités craignent surtout la présence des "No Border", qui pourraient inciter les migrants à se révolter ou empêcher le bon déroulement du démantèlement. 

La préfète locale, Fabienne Buccio, a également fait le déplacement dimanche, pour rencontrer différents "chefs" des communautés présentes dans la "Jungle". Selon la préfecture, tous se sont engagés à tout faire pour que l'opération se déroule du mieux possible.