Calais : ces migrants qui trouvent du travail et s'intègrent

Après le démantèlement de la jungle, plusieurs dizaines de migrants ont suivi des formations et réussissent à intégrer des usines du département du Nord.
Après le démantèlement de la jungle, plusieurs dizaines de migrants ont suivi des formations et réussissent à intégrer des usines du département du Nord. © AFP
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Lionel Gougelot et A.D , modifié à
Sortis de la Jungle de Calais en octobre dernier, des dizaines de demandeurs d'asile Soudanais et Afghans ont décroché des stages dans des entreprises du Nord de la France.
REPORTAGE

Huit mois après le démantèlement de la Jungle de Calais, 79 migrants Soudanais ou Afghans viennent de recevoir un certificat de formation professionnelle délivré par l'Afpa. Après plusieurs mois d'apprentissage du français, de formation et de stage, deux tiers d'entre eux ont décroché un contrat temporaire dans des entreprises partenaires. 

"Ça s'est très bien passé". Mohammad est l'un d'eux. "Je travaille dans l'usine... boîte de vitesses. Je suis très content", explique-t-il dans un français encore hésitant. Mais après six mois passés dans la Jungle de Calais, grâce à un programme adapté de formation et de logement, ce jeune Soudanais demandeur d'asile de 26 ans a pu intégrer un stage dans des usines du groupe PSA du département du Nord, dont Eric Maurice est le directeur emplois. "On a pris quatre stagiaires pendant deux semaines de formation. Ça s'est très bien passé." Après un stage à Valenciennes pour qu'ils apprennent ce nouveau métier, le directeur va les garder "pour six mois au minimum afin qu'ils intègrent l'usine", annonce-t-il.

Des employés modèles. Abdel Kader, réfugié afghan, passera lui les deux prochains mois au centre logistique de La Redoute, près de Roubaix. "Après deux mois... encore travail... très, très bien. Merci France", se réjouit-il. Le grand sourire cache une motivation hors du commun, selon Dorothée Merlot, directrice des ressources humaines. "Ils ont eu une vie tellement difficile qu'ils ont vraiment conscience de la chance qui leur est donnée, avec une vraie envie d'apprendre. Ils sont là une heure à l'avance. Il y a un investissement qui est non négligeable", décrit-elle. Pour elle, de façon catégorique, ces réfugiés sont des employés modèles.