Cahiers de vacances : nos idées pour s'en passer !

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Cahiers de vacances : nos idées pour s'en passer !
@ AFP
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L’année scolaire arrive à son terme… et Europe 1 vous explique comment ne pas (trop) perdre les acquis pendant l'été. 

Ca y est, l’année scolaire arrive à son terme. Pour 12 millions d’élèves français, c’en est donc terminé des cours d’algèbre, des dictées et autres frises pour apprendre l’Histoire des rois de France. Mais comment ne pas perdre le fil pendant l’été ? Chaque année, des millions de parents optent pour les cahiers de vacances. Selon GFK, plus de quatre millions d’exemplaires sont vendus tous les ans, dont les trois quarts entre les mois de juin et de juillet. Au grand dam, parfois, des enfants, qui peuvent y voir une forme de devoir supplémentaire venant perturber une belle journée ensoleillée. Mais est-ce vraiment le meilleur moyen pour un élève de rester à niveau ? Existe-t-il des alternatives ? Europe 1 fait le point, à la veille du premier week-end des vacances scolaires.

Les cahiers de vacances, une bonne idée ?

Comme souvent sur les sujets qui concernent l’éducation des enfants, les cahiers de vacances sont loin de faire l’unanimité. Certains y voient un bon moyen de ne pas perdre les acquis de l’année et de détourner les enfants de la télé, d’autres déplorent une pression supplémentaire pour les enfants.

"Les vacances – toutes les vacances - ne doivent pas être uniquement un moment de révision et de travail. Je suis inquiet de la pression scolaire que l'on met sur les jeunes", estime ainsi Michel Lejoyeux, professeur de Psychologie à l'université Paris-Diderot, contacté par Europe 1 il y a quelques mois. "S'il ne faut pas délaisser les révisions, il faut beaucoup lever le pied pendant les vacances, avoir une activité physique, libérer de la sérotonine (hormone qui se libère après une activité physique ou au contact de la lumière, et dont le manque peut entraîner agressivité et déprime ndlr). Détendons-nous un peu au sujet des devoirs !", poursuit-il.

Pour beaucoup de spécialistes, en effet, les cahiers de vacances sont l'objet d'un paradoxe : les enfants qui y sont le plus réceptifs sont ceux qui en ont le moins besoin. "Les enfants les plus candidats, ce sont les bons élèves qui n'en ont pas besoin. Or, un cahier de vacances est surtout intéressant s’il y a vraiment un manque d'acquis, dans telle ou telle matière", expliquait récemment le pédopsychiatre Stéphane Clerget au micro d’Europe 1.

Pourquoi pas, du moment que ça ne devient pas une souffrance pour les enfants

"Ceux qui sont imperméables à l'école auront du mal à accrocher. Mais globalement, cela peut faire du bien pour ne pas perdre la main. Cela réactive certaines connaissances qu'il est normal d'oublier", nuance pour sa part Stéphanie Violier, professeure des écoles en Gironde. À condition de les utiliser avec précaution : "A partir de sept ou huit ans, les cahiers de vacances peuvent être intéressants. D'autant qu'il y a des familles qui ne vont pas savoir faire travailler leurs enfants. Donc pourquoi pas, du moment que ça ne devient pas une souffrance pour les enfants".

Même son de cloche chez Stéphane Clerget : ok pour les cahiers de vacances, mais sous certaines conditions. "Ne pas laisser son enfant tout seul, l’accompagner. Le faire de préférence sous un arbre, dans la nature ou dans un parc, par exemple. Et pas plus de 10 minutes par jour en dessous de neuf ans, et d’un quart d’heure avant le collège". Et d’insister : "les vacances doivent avant tout rester un moment de détente, de repos et surtout de temps partagé en famille".

Quelles sont les alternatives ?

Alors, comment occuper autrement ses enfants pendant l’été tout en favorisant leur apprentissage ? Là-dessus les experts sont unanimes : il existe pléthore d’activités alternatives… sans qu’elles aient forcément un lien avec le programme de l’année écoulée. "Déjà, il s’agit de supprimer la télé, les jeux-vidéos, de favoriser la lecture. Courir, grimper aux arbres, faire du sport peut stimuler votre enfant. Vous pouvez les laisser regarder quelques dessins-animés, mais en anglais par exemple", détaille le pédopsychiatre, qui conseille "d’aller au musée, de faire des herbiers ou du bricolage par exemple".

Les jeux de stratégie favorisent la réflexion et l'échange

Stéphanie Violier, professeure des écoles, cite également de nombreux jeux permettant d’entraîner son cerveau tout en s’amusant : "Les jeux de société avec des dés et de la monnaie pour compter, sont une bonne idée. Des jeux de mots, du type ‘Scrabble adapté’ ou des pendus qui font travailler l’orthographe et permettent de manier des dictionnaires, de réfléchir sur la langue, sont aussi intéressants. Et de manière générale, on peut citer les jeux de stratégie qui favorisent la réflexion et l'échange. On peut enfin penser à faire écrire une carte postale ou une lettre aux enfants, ce sont des possibilités qui leur permettent de travailler sans qu'ils ne s'en rendent compte".

Dernière piste : laisser les enfants tranquilles pendant les vacances, mais les inscrire à des stages de remise à niveau peu avant la rentrée. "C'est un peu rude. Je le conseille plutôt pour une matière où l’enfant a du retard, et pas toute la journée. Cela peut être aussi sous forme de stages linguistiques à l’étranger", précise Stéphane Clerget.

Quid des cahiers de vacances 2.0 ?

Certains enfants se montreront peut-être plus réceptifs aux cahiers de vacances numériques. Depuis quelques années, de nombreux sites et applications sont apparus, faits en collaboration avec des enseignants. L’avantage : ils proposent un programme à la fois ludique, interactif et aux animations variées. Les applications iTooch ou Eduprofs (sous forme de BD) vous retracent ainsi les programmes du CP à la 3e.

Oublier, ce n'est pas dramatique, Adultes, on oublie aussi

Prof Phifix ou Quiz Larousse Orthographe Junior peuvent aider vos enfants à maintenir leur niveau de français, tout comme MyBleeMath, Le matou matheux, AB Math lite ou DragonBox Elements pour les maths et la géométrie. Côté histoire-géo, vous pouvez encore essayer Geomaster Plus ou l’appli "Les Grands personnages de notre Temps", comme le recensent Les Echos ou Le Parisien. À noter enfin que le Cned (Centre national d'enseignement à distance), rattaché au ministère de l’Education nationale, propose aussi des cours gratuits en ligne, via le site Academie-en-ligne.fr.

Mais attention non plus à ne pas vouloir trop en faire. Les spécialistes sont unanimes : la préservation des fameux "acquis" ne doit pas non plus devenir une obsession. "Certains automatismes vont rester comme les tables de multiplication. Après, cela dépend des enfants. L'apprentissage, c'est de la répétition. C'est avec des couches successives qu'on apprend de façon pérenne", rappelle Stéphanie Violier. Et de conclure : "Oublier, ce n'est pas dramatique, Adultes, on oublie aussi".