Brexit : "Je veux rester européen", dit un Anglais installé en France

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Les Anglais sont nombreux en France, notamment en Dordogne où ils sont pour certains expatriés depuis plus de 15 ans. Là-bas, l'inquiétude monte à l'approche du vote. 

REPORTAGE

L'issue du référendum sur le Brexit qui se tient jeudi est toujours incertaine. Le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde mardi soir les Britanniques contre "un acte d’auto-mutilation" en cas de sortie de l'Europe. Et en attendant le vote, les dizaines de milliers de ressortissants britanniques installés en France sont inquiets, notamment en Dordogne, où ils sont nombreux à être installés.

"Je veux rester européen". A Eymet, sous les arcades du petit village périgourdin, beaucoup de Britanniques redoutent l’impact d’un Brexit. Derrière le comptoir de son pub, un commerçant anglais qui habite ici depuis plus de 20 ans tient à rester officiellement un Européen. "J’ai une vie française avec une femme française, cela ne va donc pas changer grand-chose pour moi. Mais le problème est que j’ai un passeport britannique avec écrit 'européen' dessus, je veux donc le rester. Je me suis donc engagé auprès de ma famille pour prendre la nationalité française pour rester en Europe", a-t-il confié, un peu inquiet, au micro d’Europe 1.

Une baisse de la livre. Dans ce village, les gens craignent aussi des problèmes financiers si le référendum entraîne le Royaume-Uni hors de l’Europe. Paul raconte ainsi au micro d’Europe 1 que "si c’est le 'non' qui l’emporte, dès vendredi prochain, la livre va baisser de l’ordre de 25%. Moi, je suis à la retraite et avec ces conséquences, je vais toucher jusqu’à 150 euros de moins par mois de l’Angleterre pour ma retraite, c’est énorme. Les Anglais dépensent leur argent dans les cafés ou autres… mais tout cela, ce sera fini ! Les problèmes financiers vont être instantanés", redoute-t-il. Les Britanniques, qui ont décidé de s’installer en Dordogne et qui sont souvent expatriés depuis 15 ans voire plus, sont donc très inquiets par rapport au référendum de jeudi. D’autant qu’en plus, ils ne pourront pas voter, tout en sachant que celui-ci pourrait bien bouleverser leur existence.