Brétigny : "On n’est rien" pour la SNCF, témoigne une rescapée

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Céline Bergemine, rescapée du drame de Brétigny-sur-Orge, s'insurge contre la SNCF après de nouvelles révélations.

INTERVIEW

Céline Bergemine ne s'était jamais exprimée dans les médias jusqu'à aujourd'hui. Après de multiples révélations dans la presse sur le déraillement du train de Brétigny-sur-Orge, qui a fait sept morts et des dizaines de blessés en juillet 2013, cette rescapée a décidé de prendre la parole, mardi dans la Matinale d'Europe 1. Lundi, Le Figaro révélait que la SNCF avait tenté d'atténuer sa responsabilité au cours de l'enquête, tandis que le contenu des écoutes téléphoniques de cadres de l'entreprise, dévoilé mardi par Europe 1, pourrait faire trembler son patron, Guillaume Pépy.

"On nous a caché des choses". "Il y a beaucoup de colère qui est en train de sortir" face à ces révélations, tempête la jeune femme. "Je me rends compte que plus on avance, plus on nous a caché des choses." Elle veut que la SNCF "prenne ses responsabilités pleines et entières et assume ce qui s’est passé". La SNCF est une entreprise publique et elle pense, à ce titre, "que l’Etat y est pour quelque chose". Céline Bergemine dit n'avoir passé une expertise auprès la SNCF qu'en décembre dernier, alors que le drame a eu lieu en juillet 2013. Ce retard a été justifié par une supposée perte des documents la concernant.

"Du vent". "J’adresse un message à Monsieur Pépy, aujourd’hui", déclare-t-elle. "Après l’accident, on a eu une réunion tous ensemble, où il nous a regardés, où il avait limite les larmes aux yeux. Ces larmes-là n’étaient pour moi que du vent, parce qu’aujourd’hui on se retrouve encore tous seuls... On se rend compte que plus on avance dans l’enquête, plus on nous a menti. On n’est rien pour eux", dénonce-t-elle; Céline Bergemine se pose encore des questions sur la prise en charge des rescapés de la catastrophe : "pourquoi est-ce qu’il y a des gens qui sont revenus par le train ce jour-là, pourquoi est-ce qu’il y en a qui ont eu de l’aide et d’autres qui se sont débrouillé tous seuls ?".

La jeune femme, qui a été blessée au cours de la catastrophe, estime qu'"on ne peut pas se remettre définitivement d’une chose pareille". "Il y a toujours des images, des choses, des bruits qui rappellent constamment cet incident. (...) C’est pas facile à vivre, surtout quand on n’est pas aidé par la SNCF."