Brest : 15 mois après la fermeture de son usine, il est toujours officiellement salarié

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Brest : 15 mois après la fermeture de son usine, il est toujours officiellement salarié
En 2007, les salariés de l'entreprise avaient manifesté contre des licenciements@ FRED TANNEAU / AFP
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Serge Roudaut est toujours salarié de l'entreprise Jabil et touche son salaire depuis 15 mois.

L'usine Jabil de Brest, fabricant de matériel électronique, a fermé ses porte le 29 septembre 2015. Les 75 salariés restant ont été licenciés sauf un, Serge Roudaut, délégué syndical Force ouvrière et secrétaire du comité d’entreprise, rapporte Ouest France jeudi

Deux demandes de licenciements rejetées. Serge Roudaut est le seul salarié de son entreprise depuis 15 mois. "Je suis en dispense d’activité. Je suis le seul salarié d’une usine qui n’existe plus ! Je suis payé, je continue à accumuler les congés payés. Mais on ne m’a pas imposé l’obligation d’être présent, donc je reste chez moi. De toute façon, l’usine a été complètement vidée. Il ne reste même plus un balai…" Ce n'est pas faute, de la part de sa direction, d'avoir demandé son licenciement. Mais par deux fois, la demande a été rejetée par l'inspection du travail puis la ministre du Travail pour des vices de procédure.

Des situations ubuesques. Pour se voir signifier son troisième licenciement, Serge Roudaut a dû se rendre dans son ancienne usine pour signer l'ordre du jour du comité d'entreprise. "Le PDG est venu en personne de Belgique présider la réunion… où on était deux !", raconte-t-il. Il saura le 31 janvier si cette demande a été validée par l'inspection du travail. 

35 ans de carrière. En attendant, il a déjà prévu la suite. Si le licenciement est accepté, il pourra bénéficier du chômage pendant trois ans ce qui l'emmènera jusqu'à l'âge de la retraite. Quant aux indemnités de la part de son entreprise, il est prêt, là aussi. Son avocate a déjà déposé un recours aux prud'hommes pour "discrimination syndicale" sur son salaire pendant ses 35 ans de carrière. Serge Roudaut espère gagner 635.000 euros de dommages et intérêts. "Mais quoi qu’il arrive, l’année prochaine, la direction m’expédiera ma médaille du travail des 35 ans…", glisse-t-il.