Bousculade dans un collège de Genevilliers : que sait-on du "jeu de l'escalier" ?

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Bousculade dans un collège de Genevilliers : que sait-on du "jeu de l'escalier" ?
@ AFP
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Onze collégiens ont été blessés jeudi dans un collège de Gennevilliers, victimes d'un jeu qui consiste à faire barrage dans les escaliers avant de s'écarter. 

Onze enfants âgés de 12 à 13 ont été blessés, dont une grièvement. C'est le bilan d'un jeu qui a mal tourné jeudi dans un collège de Genevilliers en région parisienne. Le principe : faire barrage dans l'escalier avant de s'écarter. Le nom de cette nouvelle pratique est toute trouvée : le jeu de l'escalier. 

Ce qu'il s'est passé. A l'heure du déjeuner jeudi, trois élèves de troisième d'un collège de Genevilliers ont formé un barrage au pied d'un escalier donnant sur la cour de récréation. Les élèves se sont alors massés jusqu'à relâcher la pression. Résultat : les premiers élèves sont tombés, entraînant les autres tel un jeu de domino. Onze élèves ont été blessés, certaines souffrant notamment de foulures ou d'hématomes.

Mais, c'est l'état de l'une des victimes qui est plus inquiétant. Souffrant d'un traumatisme crânien, l'adolescente de 12 ans a dû être opérée. Jugée dans un état sérieux, ses jours ne sont néanmoins pas en danger. Une cellule psychologique a aussi été activée au sein de l'établissement et l'Education nationale a dépêché une proviseure chargée de la vie scolaire afin de soutenir le personnel.

"Les jeunes sont assez créatifs dans ce domaine". Interrogé par Europe 1, Grégory Michel, professeur de psychopathologie à l'université Bordeaux 2 explique ne pas connaitre ce nouveau jeu mais ajoute-t-il, "c'est un jeu violent d'après les informations que je viens de recueillir. Malheureusement, les jeunes sont assez créatifs dans ce domaine. Vu les conséquences qui sont réellement dramatiques, on peut réellement s'en inquiéter", poursuit-il. 

Celui qui est aussi co-directeur d'une unité de l'Inserm sur la santé des jeunes pointe également le paradoxe de ce jeu : "ceux qui sont à l'initiative considèrent que ça va être un jeu alors que les victimes sont absolument inconscientes de participer à ce type de jeu". Quant aux motivations de ceux qui s'y adonnent, Grégory Michel y voit "la recherche de sensations, l'adrénaline, ou le fait de provoquer des choses angoissantes chez les autres".     

"On est dans une position de surveillance". Ce jeu s'est-il largement répandu dans les écoles ? Contacté par Europe 1, le ministère de l'Education nationale explique ne pas avoir eu d'alerte particulière sur le sujet et en avoir pris connaissance lors du drame à Gennevilliers. "C'est une nouvelle forme de jeu dangereux où le personnel éducatif va devoir être attentif", assure-t-on.

Depuis 1998, le ministère travaille sur la prévention de ces jeux qui se déclinent entre les jeux de non-oxygénation tel le fameux jeu du foulard, les jeux d'agression ou les jeux de défi, sur le principe de "t'es pas cap". Un guide de prévention est notamment édité et des réunions avec les associations ont lieu chaque année. L'année dernière a fait exception puisque les associations n'ont, selon le ministère, pas fait remonter d'alerte sur les jeux dangereux preuve que la "prise de conscience de la communauté éducative" sur le sujet est là. Après le drame de Genevilliers, les associations et le ministère assurent toutefois vouloir rester très vigilants.