Bonbonnes de gaz à Paris : Inès M., radicalisée dans une banlieue tranquille, à Tremblay-en-France

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A 19 ans, elle est la plus jeune des trois femmes interpellées à Boussy-Saint-Antoine.

REPORTAGE

Inès M. est la fille du propriétaire de la voiture contenant des bouteilles de gaz, découverte dans la nuit de samedi à dimanche aux abords de la cathédrale Notre-Dame, à Paris. Jeudi soir, elle a été interpellée en compagnie d'Amel S., 39 ans, et Sara H., 23 ans, à Boussy-Saint-Antoine, dans l'Essonne, après avoir tenté d'agresser les policiers de la DGSI. Europe 1 a remonté la piste de la plus jeune de ce groupe de femmes radicalisées jusqu'à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, dans le quartier résidentiel où elle a grandi.

Une enfant réservée. Inès M. est la quatrième d'une famille de cinq filles. Une famille sans problème, son père travaille à la RATP, sa mère dans le secteur de la santé. Elle grandit dans un environnement protégé, dans une maison cossue d'un quartier résidentiel, loin des barres d'immeubles du quartier d'à côté. Sa scolarité, la jeune fille la passe en jean et baskets, comme les autres adolescents. Le changement se produit brutalement, il y a deux ou trois ans, selon les souvenirs des voisins. Inès M. se cache soudainement sous un grand voile.

"Ça nous a fait drôle". Corinne et son mari habitent la maison en face de la famille M. Ils ont vu grandir les cinq filles, dont Inès. "On s'est posé des questions. On s'est dit, 'tiens c'est bizarre, Inès s'habille comme une femme très pratiquante'. Mais on n'a pas cherché plus loin. Pourtant, ça nous a fait drôle parce que ce n'est pas arrivé petit à petit, avec d'abord un voile sur les cheveux. Non, ça a été la tenue complète du jour au lendemain."

Les voisins ont du mal, encore aujourd'hui, à imaginer Inès impliquée dans un projet d'attentat. Pourtant, c'est bien dans ce pavillon qu'elle s'est radicalisée. Des vidéos de propagande ont été retrouvées sur l'ordinateur familial. A la mosquée qu'elle fréquentait, on assure qu'elle n'a jamais fait parler d'elle.

Recruteuse en Belgique. Selon Le Parisien, le nom d'Inès M. apparaîtrait dans un dossier du parquet fédéral belge, spécialisé dans les affaires de terrorisme. Inès M. aurait entretenu des contacts avec des Belges radicalisés dans le secteur de Charleroi, des Belges identifiés comme candidats au djihad. Inès M. aurait pu jouer le rôle d'une recruteuse auprès d'eux pour faciliter leurs départs.