Bonbonnes de gaz à Paris : ce que l'on sait

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Bonbonnes de gaz à Paris : ce que l'on sait
Le procureur de la République a apporté des précisions sur l'enquête autour d'un "commando" de femmes radicalisées, vendredi@ FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Selon les premiers éléments de l'enquête sur le "commando" de femmes interpellé jeudi soir, la voiture abandonnée à Paris s'inscrivait bien dans un projet d'attentat terroriste.

Cinq jours après la découverte, en plein Paris, d'un véhicule contenant cinq bouteilles de gaz, l'enquête se dirige vers un "commando de femmes" en lien avec certains des auteurs d'attaques terroristes récemment commises en France. Le procureur de la République, François Molins, a fait le point sur cette affaire, vendredi soir.

Des précisions sur les suspects

Les trois femmes interpellées  jeudi soir à Boussy-Saint-Antoine sont Inès M., 19 ans, fichée "S" pour des velléités de départ en Syrie, Amel S., 39 ans et Sarah H., 23 ans. Lors de l'arrestation, c'est cette dernière qui a "couru vers un véhicule banalisé de police et asséné un violent coup de couteau à un policier à l'épaule gauche", a précisé François Molins.

Dans le même dossier, le procureur a également indiqué qu'Ornella G., la femme arrêtée sur une aire d'autoroute du sud de la France avec son compagnon, mardi, devrait "être déférée" samedi en milieu de journée, en vue de l'ouverture d'une information judiciaire "et donc de sa présentation devant un magistrat instructeur antiterroriste". L'autre couple arrêté mercredi dans le Loiret a été relâché, vendredi.

François Molins a ajouté que deux enquêtes avaient été ouvertes : l'une sur la voiture abandonnée, l'autre concernant le projet d'attentat du commando. Certains protagonistes sont concernés par ces deux procédures dans lesquelles sept personnes au total sont actuellement en garde à vue.

Des connexions avec d'autres attaques

Les avancées de l'enquête ont permis d'établir des liens entre ce "commando" et certaines des attaques djihadistes récemment commises en France. Selon François Molins, Sarah H. était une "ancienne promise" de Larossi Abballa, qui a tué deux policiers à Magnanville au mois de juin, et d'Adel K., l'un des auteurs de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, qui a coûté la vie au prêtre Jacques Hamel.

Dans cette même affaire, un homme  interpellé jeudi soir aux Mureaux est en outre le "frère d'un mis en examen écroué" dans le dossier de Magnanville. Âgé de 22 ans, Mohamed Lamine A. est "connu des services comme un individu particulièrement radicalisé" et projetait, à son tour, de se marier avec Sarah H.

Un véritable projet d'attentat

Si le fait qu'aucun détonateur n'ait été retrouvé dans la voiture a, au début, pu laisser place à un doute, les enquêteurs sont désormais convaincus que "le dessein de ce commando était clairement de commettre un attentat", selon François Molins. Dans le véhicule, un mégot de cigarette à peine consumée a été retrouvé à proximité d'une couverture portant des traces d'hydrocarbures. "L'incendie du véhicule, s'il avait pris, aurait entraîné l'explosion d'au moins une bouteille de gaz et la destruction de l'ensemble du véhicule", a déclaré le procureur de la République.

Un projet qui pousse les enquêteurs à penser que ces femmes étaient "téléguidées par des individus se trouvant en Syrie" et appartenant à l'organisation Etat islamique (EI). "Si les femmes ont pu être confinées à des tâches familiales et domestiques par Daech, force est de constater que cette vision est fortement dépassée", a commenté François Molins, jugeant que l'EI avait désormais recours à "de jeunes femmes qui font connaissance et nouent leur projet de manière virtuelle".

Une dernière interpellation

Une adolescente de 15 ans, fille d'une des trois femmes appartenant au commando qui s'apprêtait selon les autorités à commettre un attentat "déjoué" par la police, a été interpellée vendredi matin, a annoncé François Molins. Elle est jugée "susceptible", elle aussi, d'être impliquée dans le projet terroriste.