Procès Bettencourt : la relaxe requise pour Woerth et de Maistre

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Procès Bettencourt : la relaxe requise pour Woerth et de Maistre
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Faute d'éléments "suffisants", le procureur du tribunal correctionnel de Bordeaux a requis la relaxe pour l'ex-ministre et le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt.

Une Légion d'honneur en contrepartie d'un bon service ? Faute d'éléments "suffisants", le procureur du tribunal correctionnel de Bordeaux a requis la relaxe pour l'ex-ministre Eric Woerth et le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, qualifiant les poursuites à leur encontre de "construction intellectuelle" des juges d'instruction. Les deux hommes comparaissaient pour trafic d'influence dans le "volet financier" de l'affaire Bettencourt. Le procès doit s'achever mercredi avec les plaidoiries de la défense. Le jugement dans cette affaire est attendu le 28 mai.

"Je persiste et je signe". "J'avais émis un avis, et le procureur de la République avait déjà requis un non-lieu", qui n'avait pas été suivi par les magistrats instructeurs, a rappelé Gérard Aldigé. Ces derniers avaient en effet renvoyé Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal, et le député UMP Eric Woerth devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, accusés d'avoir échangé un emploi pour l'épouse d'Eric Woerth contre une Légion d'honneur attribuée à Patrice de Maistre. "A la lecture de l'ordonnance de renvoi et après cette audience je persiste et je signe", a déclaré dès le début de ses réquisitions le procureur adjoint.

"Une construction intellectuelle". Selon lui, dans ce dossier, "les éléments à charge ne sont pas suffisants pour emporter la conviction d'un quelconque trafic d'influence actif pour Patrice de Maistre et passif" pour Éric Woerth, ayant abouti à l'embauche de Florence Woerth au sein des sociétés gérant la fortune des Bettencourt, dont Patrice de Maistre était alors directeur-général, en échange d'une Légion d'honneur.

"Le télescopage de ces deux événements dans une période de temps très courte, de moins de neuf mois, serait selon les juges accablant, ainsi que la preuve du pacte de corruption prévu entre les deux hommes. Il s'agit là d'une construction intellectuelle à partir du rapprochement audacieux d'événements et de dates" qui "ne peut asseoir une culpabilité", a dit le procureur.

"Une insulte que je puisse être l'objet d'un troc". Pour le procureur, l'embauche de Florence Woerth n'a pas été dictée par "l'obtention de la Légion d'honneur, qui était déjà dans les circuits, mais parce qu'elle correspond au profil et parce qu'elle est femme de ministre du Budget, comme Patrice de Maistre le dit à Liliane Bettencourt" dans des enregistrements clandestins de l'ancien majordome des Bettencourt, Pascal Bonnefoy, lus lors de l'audience.

"J'ai considéré comme une insulte que je puisse être l'objet d'un troc. C'est quelque-chose qui est pour moi inimaginable", avait d'ailleurs témoigné un peu plus tôt à la barre Florence Woerth. "Je vis avec Éric depuis 1977. Ma liberté, il la connaît, mon souhait de liberté, il le sait. Tacitement, on avait choisi l'un et l'autre d'avoir deux vies professionnelles très séparées", a-t-elle assuré.

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