Bertrand Piccard : "Si on mettait de la mobilité électrique partout, on économiserait énormément"

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Élu personnalité  des Trophées Europe 1 de l'environnement, l'explorateur est revenu mardi sur ses voyages à bord de son avion solaire "Solar Impulse" et sur la COP21. 

INTERVIEW

En mars, il s'envolait à bord de l'avion solaire "Solar Impulse 2". Lundi, après 254 heures de vol et plus de 20.000 kilomètres parcourus sans ravitaillement autre que les rayons du soleil, l'explorateur Bertrand Piccard a été élu personnalité des Trophées Europe 1 de l'environnement. Invité sur Europe 1 mardi matin, il a assuré que si la technologie de Solar Impulse n'est pas encore prête à être appliquée aux avions de ligne, c'est déjà un commencement. 

Réduire le gaspillage des anciennes technologies. Pour Bertrand Piccard, "plus que l’exploit aéronautique, ce qui est vraiment important c’est de montrer ce qu’on peut faire avec des technologies propres", ajoutant que "l’avion est un peu le porte-drapeau de ces technologies". S'il est admis que l'avion de ligne solaire n'est pas pour maintenant, l'explorateur indique que les moteurs de Solar Impulse sont déjà supérieures à ceux d’une voiture classique. "Les moteurs électriques que nous avons ont 97% de rendement, alors que les moteurs thermiques à combustion des voitures sont à 27 %. Donc les trois quart de l’énergie sont perdus", souligne-t-il. Bertrand Piccard appelle à réduire le gaspillage des anciennes technologies : "Si on mettait de la mobilité électrique partout, on économiserait énormément. Ce n’est pas toujours en produisant plus qu’on va améliorer notre niveau de vie, mais c’est aussi en réduisant le gaspillage des anciennes technologies", a-t-il assuré.

Trop de constat à la COP21. Présent à la COP21, Bertrand Piccard a salué une France dont "le monde politique est axé sur les solutions", tout en fustigeant la "grande partie des chefs d'état" présents à la conférence sur le climat qui "continuaient à faire un état des lieux, une sinistrose". "Trop de constat, et puis des buts fixés sans dire comment", explique le président de Solar Impulse. Contre cela, l'explorateur aimerait beaucoup plus "des rencontres entre des gouvernements, des scientifiques et des financiers", pour que, dans "tout le catalogue de solutions existantes", on puisse voir lesquelles sont applicables selon le pays.

De son coté, Bertrand Piccard continuera son tour du monde à partir d'avril 2016. Il abordera la deuxième partie du Pacifique, les Etats-Unis et l'Océan Atlantique, pour retourner à son point de départ, Abou Dabi. Son rêve : faire une escale au Bourget entre-temps.