BEA : l'AF 447 "n'a pas été détruit en vol"

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BEA : l'AF 447 "n'a pas été détruit en vol"
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Le BEA, chargé de l'enquête technique sur l'accident de l'Airbus A330 d'Air France disparu le 1er juin entre Rio de Janeiro et Paris, a exclu jeudi l'hypothèse d'une dislocation en vol de l'avion.

Le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) a présenté jeudi un premier rapport sur l'accident de l'Airbus A330 d'Air France disparu le 1er juin entre Rio de Janeiro et Paris. Le BEA a, tout d'abord, repoussé l'hypothèse de l'explosion en vol de l'AF 447.

L'examen des pièces récupérées "amène à faire le constat suivant : l'avion n'a pas été détruit en vol", a dit le responsable de l'enquête Alain Bouillard, lors d'une conférence de presse. "L'avion paraît avoir heurté la surface de l'eau en ligne de vol, avec une forte accélération verticale", a-t-il ajouté.

Depuis le 6 juin, 640 éléments de l'avion ont été retrouvés, dont la dérive le 7 juin, ont rappelé les enquêteurs. Dans le galey (meuble où sont rangés les plateaux repas), toutes les étagères sont descendues au fond, ce qui laisse à penser que l'avion a subi une accélération verticale, ajoutent les enquêteurs. Un morceau de plancher retrouvé est également déformé du bas vers le haut, impliquant que l'avion ait heurté la surface de l'eau. Le fait que la dérive soit toujours fixée à la structure de l'avion et qu'elle ait été retrouvée au milieu des autres débris confirmerait qu'elle n'a pas cassé en vol.

Aucun gilet de sauvetage gonflé n'a été retrouvé. "L'absence de gilets de sauvetage gonflés montre que visiblement les passagers n'étaient pas préparés à un amerrissage", a précisé Alain Bouillard.

Le BEA a estimé, par ailleurs, que les sondes Pitot sont "un élément, mais pas la cause" de l'accident. Les sondes Pitot sont "quelque chose qui est fortement soupçonné dans les incohérences de vitesse", c'est "un des facteurs mais ce n'est pas le seul". Le BEA avait relevé dès le début de l'enquête des "incohérences" des vitesses mesurées, affirmant toutefois que rien ne permettait de lier les causes de l'accident aux sondes Pitot, qui mesurent la vitesse en vol. Les sondes Pitot ont été mises en cause par deux syndicats de pilotes peu après l'accident, ce qui a conduit Air France à accélérer le remplacement d'un ancien modèle de sondes par un modèle plus récent.

Enfin, le BEA a annoncé qu'il allait prolonger jusqu'au 10 juillet ses recherches acoustiques des boîtes noires. "Les balises ont une durée réglementaire d'émission de 30 jours. La recherche se prolonge de dix jours supplémentaires pour essayer de les retrouver", a expliqué Alain Bouillard. "Une deuxième phase de recherche démarrera après le 14 juillet avec d'autres moyens et suivant une autre méthode", a-t-il ajouté.

> Les familles, de leur côté, ont écrit à Air France pour réclamer des réponses précises sur les circonstances du drame.