Barrage filtrant devant la centrale nucléaire de Gravelines, sans baisse de charge

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Barrage filtrant devant la centrale nucléaire de Gravelines, sans baisse de charge
@ JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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80% des agents de la centrale nucléaire de Gravelines étaient en grève jeudi matin contre la loi Travail.

Quelque 80 agents grévistes de la centrale nucléaire de Gravelines dans le Nord, la plus puissante de France, effectuaient jeudi matin un barrage filtrant à proximité de la centrale, contre la loi Travail, assurant cependant qu'aucune baisse de charge n'avait lieu.

80% de grévistes. Les électriciens répondent à l'appel national lancé mardi par la CGT-Energie et qui avait été initié par les agents de la centrale de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube. Si, selon Claude Lavigne, responsable CGT sur le site de Gravelines, "80% des agents" étaient grévistes cette nuit, la centrale n'a pas connu de baisse de charge car "ce sont des jeunes cadres opérateurs qui ont été placés à la manœuvre", estimant cependant que "cela pourrait évoluer dans la journée".

5 à 6 réacteurs en moins en France. A l'appel de la CGT, les grévistes ont alors mis le feu à des pneus sur la chaussée à 500 mètres du site nucléaire, occasionnant plusieurs kilomètres de bouchon, distribuaient des tracts contre la loi Travail et appelaient les automobilistes, compréhensifs, à rejoindre la manifestation de 15 heures à Dunkerque. Sur les six réacteurs que compte la centrale, deux sont actuellement en maintenance et trois sont en "période d'essai" et ne peuvent pas être arrêtés, selon le syndicaliste. La marge de manœuvre des grévistes se situe donc sur le dernier réacteur d'une puissance d'environ 900 mégawatts. S'il venait à être éteint, la centrale pourrait connaître une baisse de charge de sa production allant jusqu'à 25%.

Dans une ambiance détendue et sans la présence de forces de l'ordre, les agents grévistes, rejoints par des prestataires et quelques retraités, distribuaient également du café avec de la musique en fond sonore. "En tout en France, on comptabilise 5.000 mégawatts de baisse de charge", soit l'équivalent de "5 à 6 réacteurs", a affirmé Claude Lavigne. 

Perturbations dans l'Aube. Le mouvement avait été initié mardi à la centrale de Nogent-sur-Seine (deux réacteurs) dans l'Aube où une baisse de charge avait été votée lors d'une assemblée générale du personnel. Un barrage filtrant a ainsi été mis en place depuis jeudi matin 5h et "80% des agents sont en grève", a déclaré Arnaud Pacot, secrétaire général CGT-Energie Aube, qui a précisé que "la baisse de charge est à hauteur de 75%". Jeudi, les syndicats opposés à la loi El Khomri, la CGT et FO en tête, appellent à une huitième journée de grèves et de manifestations partout en France pour réclamer le retrait du texte.