10/11/2017 - 21h25

Baisse d'emplois aidés : cercueil et potence pour dénoncer un "massacre silencieux"

© AFP

Un cercueil, une potence et des pancartes macabres : des collectifs et syndicats ont dénoncé symboliquement la "mort des associations", vendredi à Paris, en raison de la baisse des contrats aidés, un "plan social invisible" selon eux. Une centaine de personnes se sont rassemblées place de la Bourse, à l'occasion d'une "journée noire des associations contre la suppression des contrats aidés" initiée par des collectifs associatifs et des syndicats CGT, Solidaires et FSU, avant de défiler vers la place de la République.

"Monde associatif en péril". A côté d'une potence en bois, où des manifestants feignaient de se pendre, des banderoles proclamaient "Stop au massacre silencieux", "Monde associatif en péril, cohésion sociale à l'agonie" ou rappelaient le nombre d'emplois aidés supprimés : "150.000 en 2017, 110.000 en 2018". La décision du gouvernement prise cet été va toucher "des dizaines de milliers de personnes" au sein du monde associatif, un secteur façonné avec "de l'emploi local non délocalisable" au service du "bien commun", s'est insurgé Dimitri, un manifestant.

200.000 nouveaux contrats. Le jeune homme travaille dans une ressourcerie parisienne (où l'on répare et recycle des objets), La Petite Rockette, qui fonctionne avec 20 salariés, dont 14 emplois aidés. Derrière lui, un cercueil noir portant la mention "La Petite Rockette : 2006-20??". Devant lui, des collègues munis de silhouettes noires en carton, avec leur prénom et date de fin de contrat inscrits en blanc. Le gouvernement d'Edouard Philippe a décidé cet été de réduire les prescriptions de contrats aidés, limitant les nouveaux contrats à 310.000 en 2017, après 459.000 en 2016. Seulement 200.000 nouveaux contrats sont prévus en 2018.