La fréquentation des écoles juives a baissé depuis les attentats

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La fréquentation des écoles juives a baissé depuis les attentats
@ AFP/JOEL SAGET
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LA PEUR MONTE - La communauté juive serait beaucoup plus craintive depuis les attentats qui ont frappé Paris il y a 10 jours. 

Depuis les attentats perpétrés par les frères Kouachi et Amédy Coulibaly contre Charlie Hebdo, une policière municipale et dans l’épicerie casher de la porte de Vincennes, les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées. Mais l’inquiétude reste palpable, surtout dans la communauté juive, directement visée par cette série d’attentats. Dans certaines synagogues, les fidèles sont moins présents depuis un peu plus de dix jours et l’absentéisme est plus important dans les écoles privées juives.

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© AFP

Porte blindée et 28 soldats. Rue de la roquette, dans le 11e arrondissement de Paris, le dispositif de sécurité est totalement inédit. Pas moins de 28 soldats armés de fusil d’assaut patrouillent devant et dans la synagogue et tout près de l’école juive qui se situe juste à côté. "On est devant une sortie d’école avec cinq hommes armés", décrit le président de la communauté. "Sans eux, l’école serait fermée. Nous sommes dans le traumatisme. Il y a entre 20 et 40% de taux d’absentéisme. Il y aussi des fidèles qu’on n’a plus vus depuis les événements".

Entre le traumatisme et la peur. "A certains moments, je me suis dit qu’il fallait que je ne mette plus mes enfants à l’école", confie une mère de famille. "Je suis même passée plusieurs fois par jour devant l’école, histoire de me rassurer". Pour tordre le cou à cette peur qui la ronge, elle va jusqu’aux salles de classe pour récupérer ses enfants.

Difficile de rassurer les parents. Lundi, les parents ont même été autorisés à assister aux cours avec leurs enfants. Mais la directrice de l’école ne sait plus comment les rassurer. "On a encore énormément d’angoisse. On ne va plus du tout en cours de récréation", explique-t-elle, un brin dépitée. "Il faut que les enfants réintègrent l’école". Et puis il y a cette question qui angoisse tous les parents : combien de temps les soldats devront rester pour assurer la sécurité de leurs enfants ?