Bac philo 2017 : faut-il se fier aux listes qui pronostiquent des sujets "probables" ?

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Bac philo 2017 : faut-il se fier aux listes qui pronostiquent des sujets "probables" ?
@ MARTIN BUREAU / AFP
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Sur internet, nombreux sont les sites à lister des sujets qui pourraient potentiellement tomber. Des indications à prendre avec (grande) prudence. 

Ne rêvez pas, vous ne saurez pas les sujets du bac à l’avance. Certains, pourtant, assurent pouvoir trouver les sujets qui ont "le plus de chances de tomber". En fonction de diverses données et de calculs de probabilités (la récurrence des sujets d'une année sur l'autre, notamment), de nombreux sites émettent des pronostics sur telle ou telle matière. Mais est-ce vraiment fiable ? À quelques heures du début de l’épreuve de philosophie, Europe1.fr a passé au scanner les pronostics des années précédentes pour cette discipline.

Pour la philo, c’est 720 sujets possibles sur quatre ans !

"Il n’y a aucune pertinence dans ces prophéties", tranche pour sa part Marianne Chaillan, professeure de philosophie à Marseille et auteure de La Playlist des philosophes. Avant de sortir la calculette : "Le bac, c’est plus de 12 destinations (Métropole, territoires d’outre-mer, Français de l’étranger etc.) et à chaque fois, cinq séries de sujets (L, S, ES, séries technologiques et TMD). Pour chacune de ces séries, trois sujets (session normale, session de remplacement, sujet de secours). En philo, il y a en outre trois ‘énoncés’ par sujet (deux dissertations et un texte). On résume : 12 X 5 X 3, cela 180 sujets possibles ! Par ailleurs, un sujet ne peut être redonné à l’identique pendant trois ans. Ainsi, on a 180 X 4 = 720 sujets possibles sur quatre ans soit 2.160 énoncés !".

En clair, il est quasiment impossible d’anticiper un énoncé de sujet précis. Mais peut-on au moins prévoir les thématiques à l’avance ? Chaque année, des sites comme Digischool.fr, L’Etudiant.fr, Annabac.com et Studyrama.com s’y emploient. Avec plus ou moins de réussite. Ainsi, en 2016, des notions comme la justice, la liberté, le bonheur, la morale, l’art, la vérité ou la conscience étaient classées comme "très probables" dans la série S. Or, les deux dissertations portaient sur le travail, le savoir et la démonstration et le commentaire de texte parlait de libre-arbitre. Conclusion : les bookmakers se sont trompés. En série ES, ils avaient eu bon pour le "désir", premier sujet de dissertation, mais n’avaient pas vu venir "l’histoire", le second sujet.

En série L, en revanche, le "désir" et "la morale", les deux sujets de dissertation pour le bac de 2016, avaient bien été anticipés et été souvent cités comme sujets "très probables". Mais au-delà des filières, cela varie aussi d’une année sur l’autre. Ainsi, en 2015, aucune des notions tombées pour la série L (la vie, la morale, le passé, l’identité et la subjectivité) n’avaient été citées parmi les sujets "très probables". Toujours en 2015, en S et en ES, les pronostiqueurs avaient bien cité "l’art" et la "vérité", mais n’avaient pas fait mention des autres sujets (politique, conscience et compréhension).

On fait courir aux candidats un risque dangereux

Au-delà de la justesse de ces pronostics, se pose la question de leur utilité. "Ces prévisions peuvent être utiles pour ajouter des petits plus à sa copie : en préparant des exemples issus de l’actualité pour certains thèmes, ou en lisant des documents complémentaires aux cours sur les sujets jugés les plus probables", peut-on lire sur Le Monde campus, qui réalise chaque année un "Best of des sujets probables".

Pour la professeure de philosophie Marianne Chaillan, toutefois, cette quête du pronostic "fait courir un risque dangereux : laisser penser aux candidats qu’il y a des notions qui vont tomber, c’est du même coup les inviter à négliger les autres notions !". "Il ne sera pas possible d’échapper à l’épreuve de la réflexion jeudi matin devant un sujet singulier. Et il ne faut pas le regretter : c’est l’essence même de l’épreuve", enchaîne-t-elle.

Le meilleur conseil à donne reste donc de tout réviser, et de travailler sa méthodologie pour être prêt à affronter n’importe quelle notion. Un conseil que ne se prive pas de faire Le Monde campus, qui met lui aussi en garde avant de livrer son "Best of" : "Ces pronostics restent à prendre avec précaution. […] Que l’on soit adeptes des pronostics ou non, il reste essentiel de ne pas faire d’impasse (sur des sujets). Parce que les concepts sont transversaux et parce que ces ‘sujets’ jugés susceptibles de tomber lors des épreuves écrites sont plutôt des thèmes, qui peuvent donner lieu à des dizaines de sujets différents".

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