Bac 2016 : les corrigés des sujets de philosophie en ES

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Bac 2016 : les corrigés des sujets de philosophie en ES
Les candidats au baccalauréat ont planché mercredi sur l'épreuve de philosophie. @ AFP
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Une professeure de philo commente pour Europe 1 les sujets de philosophie du Bac ES sur lesquels planchaient les candidats mercredi. 

BAC

Les candidats du Bac ES ont découvert mercredi à 8 heures les sujets de l'épreuve de philosophie. Au programme cette année pour les dissertations : Savons-nous toujours ce que nous désirons ? ou encore Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l'histoire ? Des "sujets qui ne sont pas étonnants", pour Lucile Peyre, professeure de philosophie en Terminale et si le deuxième lui "semble le plus difficile", "ils sont tout de même accessibles pour des élèves de Terminale ES". Cette dernière, qui corrigera cette année cette série, détaille à Europe 1 ce qu'elle attend des élèves. 

Sujet 1 : Savons-nous toujours ce que désirons ?

  • Les notions à aborder et la problématique

Pour Lucile Peyre, les candidats devaient aborder quatre grandes notions : le désir, le sujet, la conscience et l'inconscient. Selon cette professeure, il fallait se poser des questions comme : "Contre l'évidence commune que nos désirs nous sont immédiatement connus, ne peut-il exister des désirs qui échappent à notre conscience ? Ne peut-on pas se tromper sur l'objet réel de notre désir ?" Lucile Peyre donne ainsi un exemple : "Est-ce cette belle voiture que je désire ou la reconnaissance sociale que je crois obtenir en la possédant ?". 

  • Les auteurs qu'il fallait citer

Trois auteurs devaient apparaître dans la copie de l'élève d'après Lucile Peyre : Schopenhauer "sur le désir comme faisant partie de notre existence pour échapper à l'ennui", Freud "pour les désirs inconscients" et Hegel "pour le désir de reconnaissance". 

  • Les pièges à éviter

Si ce sujet est "plutôt scolaire, assez classique et tout à fait accessible à un élève qui a révisé son cours", il existe un écueil à éviter : "celui de la superficialité d'un plan en Oui/Non qui n'approfondirait pas assez le sujet". 

  • La référence à l'actualité

Il n'y avait pas de référence spécifique à l'actualité. 

Sujet 2 : Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l'histoire ? 

  • Les notions à aborder et la problématique

La question ici posée est "que nous apporte l'étude de l'histoire ?". Pour Lucile Peyre, il est "important de bien définir la notion d'histoire". Pour cela, elle recommande de citer celle donnée par Thucydide "qui lui donne une double mission : conserver mais aussi expliquer le passé des hommes". Notre professeure préconise aussi d'évoquer l'idée "du devoir de mémoire mais aussi la question de savoir si l'histoire se répète". "Dans ce cas, l'étude de l'histoire peut servir à ne pas répéter des erreurs passées", note-t-elle. 

  • Les auteurs qu'il fallait citer

Outre Thucydide, Lucile Peyre cite également Marx qui explique "que l'histoire se répète, mais à la manière d'une farce, certains parodiant (volontairement ou non) des événements ou des personnages historiques". Marx donne l'exemple de Napoléon III, reprenant les codes de son oncle. 

Notre prof de philo complète : "On peut se dire que la connaissance de l'histoire permet de nous inspirer, en nous donnant des modèles à suivre. C'est pourquoi l'étude de l'histoire est éminemment politique. En choisissant les périodes et événements historiques qui seront enseignés, on choisit des exemples auxquels les esprits se référeront". 

  • Les pièges à éviter

"Ce sujet n'invite pas à une réponse en oui/non", explique Lucile Peyre. "Les élèves qui le choisiront devront donc bien l'analyser pour construire leur plan". 

  • La référence à l'actualité

S'il y en a pas une qui s'impose là aussi, Lucile Peyre nuance néanmoins : "Si on s'inspire de l'histoire pour agir dans le présent, on peut se demander quelle période historique fait écho à ce que nous vivons en ce moment et quels modèles prendre... ou quelles dérives éviter". 

Et le commentaire de texte ? 

Pour ce texte de Descartes sur l'erreur, extrait des Principes de la philosophie, une notion s'imposait : celle de la vérité. La thèse défendue est la suivante : "l'erreur vient de nous, de notre désir de connaitre la vérité qui nous conduit à nous hâter, et de notre manque de méthode". "C'est à la source de l'erreur que Descartes s'attaque", affirme Lucile Peyre, "et il la voit donc en nous".

"Le point positif", poursuit-elle, "étant qu'en identifiant cette source intérieure, on peut essayer de l'éliminer et c'est précisément ce que Descartes entreprendra avec cette méthode". Notre professeure conclut : "Ce texte n'est pas très difficile mais comme toujours dans cet exercice, il faut se méfier de la paraphrase".