Avortement : l’Assemblée vote la suppression du délai de réflexion

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Avortement : l’Assemblée vote la suppression du délai de réflexion
@ AFP
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L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de mercredi à jeudi la suppression du délai de réflexion de sept jours pour les femmes qui veulent avorter. 

Après le vote en commission en mars dernier, c’est au tour de l’Assemblée nationale d’adopter, en première lecture, la suppression du délai de réflexion de sept jours pour les femmes qui souhaitent une interruption volontaire de grossesse (IVG). Actuellement, la loi votée en 1975 à l’intiative de Simone Veil prévoit deux consultations médicales obligatoires avant l’IVG, avec un délai de réflexion d’une semaine entre les deux. Ce délai peut néanmoins être réduit à 48 heures en cas d’urgence, c’est-à-dire lorsque le délai légal de 12 semaines de grossesse approche. 

Un délai "culpabilisant" pour les femmes. De nombreux députés de la majorité ont souligné que ce délai ne servait qu’à culpabiliser les femmes. "Il est souvent vécu dans une grande solitude", a relevé la rapporteure du projet de loi, Bernadette Laclais. "Croyez-vous vraiment que lorsqu’une femme prend la décision d’aller voir un médecin pour demander d’avorter, elle n’ait pas déjà réfléchi", a renchérit l’écologiste, Brigitte Alain. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui s’était prononcée en commission pour une réduction à deux jours du délai de réflexion, et non sa suppression totale, a néanmoins soutenu en séance l’article. 

Les députés de l’opposition vent debout. L’opposition s’est élevée contre la suppression de ce délai de réflexion. "Vous êtes en train de détruire par idéologie l’équilibre de la loi de 1975 entre la protection de la vie à naître et la liberté des femmes”, a, par exemple, lancé le député UMP, Xavier Breton. “Quand vous achetez une voiture, vous avez quelques jours de réflexion. Ne considérez vous pas que quand il y a une IVG, il n’y a pas la nécessité de prendre le temps de la réflexion ? “, a insisté le député apparenté UMP, François de Mazières. Réponse de Marisol Touraine : “cessez de considérer les femmes comme des voitures !”

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