Autolib' : Vincent Bolloré réclame 40 millions d'euros par an aux villes jusqu'en 2023

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L'industriel breton estime que le déficit d'Autolib' pourrait frôler les 300 millions d'euros d'ici 2023. Il demande donc à la centaine de villes qui utilisent ce service d'éponger les dettes, à hauteur de 40 millions d'euros par an. 

Après le fiasco Vélib, la menace Autolib' pèse sur Anne Hidalgo. Le groupe Bolloré réclame 40 millions d'euros par an jusqu'en 2023 à la ville de Paris et aux communes qui bénéficient du service de location de voitures électriques pour combler le déficit du service. Vincent Bolloré estime qu'il pourrait frôler les 300 millions d'euros en 2023, selon une information du Monde. La mairie de Paris, et les 102 autres villes concernées en Île-de-France contestent et dénoncent la méthode de l'industriel breton qui leur demande de mettre la main à la poche, comme le prévoit leur accord. 

293,6 millions de déficit d'ici 2023. Le contrat Autolib' est très clair : Vincent Bolloré doit éponger les dettes jusqu'à 60 millions d'euros. Au delà de cette somme, ce sont les villes d'Île-de-France qui doivent passer à la caisse. Vendredi dernier, l'industriel a écrit à Anne Hidalgo et au syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM), chargé du suivi de la délégation de service public pour les alerter : selon le dernier plan d'affaires établit par le groupe industriel, datant de 2017, le déficit cumulé du service atteindrait 293,6 millions d'euros en 2023, date de la fin du contrat. L'industriel voudrait donc que les communes payent dès maintenant 40 millions d'euros par an, jusqu'à l'échéance.

"Nous n'allons pas envisager de combler ces pertes". "On est en 2018 qui peut dire quel sera le déficit in fine", s'insurge Emmanuel Grégoire, adjoint à la mairie de Paris. "Si le service refonctionne normalement on peut très bien imaginer que cela revienne à l'équilibre, ou en étant moins naïf au moins que le déficit soit moindre". "Nous n'allons pas envisager de compenser ces pertes", affirme de son côté Monique Bouteille élue à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine. "Ou alors il faut prendre très vite des mesures pour combler ces pertes, et il faut un dialogue beaucoup plus constructif pour rassurer les communes", détaille l'adjointe au maire, chargée des transports. Selon la Mairie de Paris, l'affaire a toutes les chances de finir devant un juge administratif.