Attentat de Nice : "On n’a pas pu les aider, on revient parce qu’on est encore en vie"

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Attentat de Nice : "On n’a pas pu les aider, on revient parce qu’on est encore en vie"
@ Valery HACHE / AFP
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Trois jours après l’attentat meurtrier survenu à Nice, les habitants de la ville continuent à se recueillir sur la promenade des Anglais en mémoire des victimes.

REPORTAGE

C’est un lieu symbolique de Nice, une place-forte du tourisme estival d’ordinaire joyeuse et animée. Mais depuis jeudi, l’ambiance est solennelle sur la Promenade des Anglais, où les Niçois viennent se recueillir après l’attentat qui a fait 84 morts. Toute la nuit, des milliers de bougies ont scintillé, au milieu des fleurs et des peluches déposées par des anonymes.

Voilà trois jours que les habitants de la ville se pressent ici, poussés par le besoin de se rendre sur le lieu du carnage. Pour constater, mais aussi pour se recueillir, comme tente de l’expliquer Monique, la gorge étranglée par l’émotion : "J’ai envie de voir les gens qui ont perdu leurs enfants, les serrer dans mes bras. On aimerait tellement faire quelque chose, mais quoi ? A part apporter des fleurs…"

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ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


Des rescapés de retour sur les lieux du drame. Si Monique n’était pas là le 14 juillet au soir, d’autres badauds venus témoigner de leur empathie étaient présents lors de la fête nationale. Des proches de victimes, des rescapés encore sous le choc, qui ont tous les mêmes mots de regrets et d’incompréhension : "On n’a pas pu les aider, on revient parce qu’on est encore en vie alors qu’eux sont restés ici."

Les plaisirs simples de la vie. Quelques mètres plus loin, sur l’avenue, une famille récemment installée à Nice tente de reprendre le cours normal de sa vie : "On n’a pas le choix, surtout quand on a des petits. On n’a pas le droit de se laisser abattre, alors on fait une petite balade au soleil. On goûte à nouveau aux plaisirs simples de la vie." Retrouver l’envie de vivre, retourner à la vie quotidienne... Le chemin est encore long pour les Niçois, mais aussi pour les nombreux touristes présents le soir du carnage sur la promenade des Anglais.