Attentat de Nice : la policière municipale jugée pour diffamation

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Mercredi s'ouvre à Paris la procès de la policière municipale, qui affirme avoir subi des pressions du ministère de l'Intérieur, après l'attentat du 14-Juillet sur la Promenade des Anglais.

"Ce qui a été dit, je le maintiens". Alors que s'ouvre son procès pour diffamation, mercredi, Sandra Bertin reste fidèle à sa version. La policière municipale niçoise assure quand dans les heures qui ont suivi l'attentat du 14-Juillet à Nice, des policiers très nerveux, dont un se présentant de la Place Beauvau, lui ont ordonné d'ajouter des effectifs policiers là où elle ne les voyait pas sur la vidéo. Dans son rapport de trois pages, la policière municipale niçoise affirme que le camion du djihadiste est monté sur le trottoir avant le périmètre piétons, sans aucune présence policière. Or, un compte-rendu de la police nationale affirme l'inverse.

Une "pression psychologique". Sandra Bertin assure aussi avoir été sommée d'envoyer une version modifiable de son rapport, ce qui est peut-être l'usage dans la police, mais qui interroge son avocat, Me Adrien Verrier. "On n'a jamais dit que M. Cazeneuve avait exigé quoi que ce soit, ou que la police avait commis des faux. On a simplement dit que dès le lendemain (de l'attentat), des gens arrivent et demandent (à Sandra Bertin) d'établir un rapport en faisant mentionner des choses qui ne figurent pas", explique l'avocat. "Quand on demande à une personne de produire un rapport dans l'urgence, et qu'on vous appelle à raison d'une fois toutes les six minutes, qu'on vous engueule parce que ça ne va pas suffisamment vite, et qu'on vous dispute parce que tel élément ne figure pas… C'est ce qu'on appelle une pression psychologique", tonne Me Verrier.

Victime selon elle d'un abus d'autorité, Sandra Bertin, qui est passible d'une amende de 45.000 euros, est bien décidée à contre-attaquer. Après avoir vu sa plainte classée, elle s'est constituée partie civile et un juge d'instruction a été nommé.