Attentat de Nice : "La majorité des personnes suivies va mieux"

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Un an après l'attentat de Nice, le professeur Benoit Michel, directeur du service psychiatrique pour adultes du CHU Nice, estime qu'il est important de "ne pas taire les commémorations".

INTERVIEW

Il y a un an, Nice sombrait dans l'horreur. L'attentat du 14 juillet 2016 a fait 86 morts et de nombreux blessés, aussi bien physiquement que psychologiquement. Ce vendredi, jour de commémoration, "la majorité des personnes suivies va mieux", assure sur Europe 1 le professeur Benoît Michel, directeur du service psychiatrique pour adultes du CHU Nice.

"Des peurs se sont installées très rapidement." "Beaucoup ont souffert d'état de stress aigu. Des images traumatiques reviennent à la surface, des peurs se sont installées très rapidement chez de nombreuses personnes", explique-t-il. Et surtout, cet événement a engendré "des modifications du caractère" qui se traduisent notamment par "une tendance à éviter les lieux habituellement fréquentés par les personnes". "On savait que cela arriverait chez la majorité des personnes", confie par ailleurs le professeur Benoît Michel.

Si, aujourd'hui, la majorité des victimes se porte mieux, "il y a encore plusieurs centaines de personnes qui ont besoin d'un suivi assez régulier, parfois de traitements médicamenteux, psychologiques." "Il y aura encore sûrement beaucoup de personnes à suivre dans les prochains mois, et peut-être même les prochaines années", prédit le professeur.

"Encore des nouveaux cas."Un an après l'attentat, certaines personnes développent encore des traumatismes. "Il y a encore des nouveaux cas", même si "la grande majorité des personnes a été vue à une ou deux reprises dans les premiers jours". Et pour Benoit Michel, cela "est tout à fait normal" : "On ne peut qu'inciter les personnes à venir consulter un professionnel, venir en parler. Ils ne sont pas forcément malades mais on va pouvoir les guider vers des prises en charge adaptées si c'est nécessaire."

Des commémorations sont prévues à Nice tout au long de la journée de vendredi. Est-ce véritablement une aide ou cela risque-t-il de raviver certains traumatismes ? Ces commémorations "sont très importantes", répond Benoit Michel. "On ne peut pas ne pas rappeler cette mémoire collective", juge-t-il, mais il faut que les victimes restent "libres de leur choix" : "Certaines ne viendront pas, mais beaucoup viendront. Les deux choix s'expliquent."

"Ne pas taire la souffrance." "Il ne faut pas avoir peur de parler de l'événement, tant qu'on le fait de façon digne", estime Benoit Michel, pour qui il est "particulièrement important de ne pas taire les commémorations, ne pas taire la souffrance, sans forcément en faire un étalage qui serait de mauvaise qualité".