Attaque de policiers à Viry-Châtillon : les trois interpellés relâchés

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Attaque de policiers à Viry-Châtillon : les trois interpellés relâchés
Les deux policiers gravement brûlés lors de l'attaque sont aujourd'hui hors de danger, mais garderont d'importantes séquelles.@ AFP
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Trois jeunes hommes âgés de 16, 19 et 22 ans, qui étaient soupçonnés d'avoir filmé puis mis en ligne des vidéos de l'agression contre quatre policiers à Viry-Châtillon, ont été relâchés jeudi soir.

Les trois jeunes hommes interpellés mercredi un mois après l'attaque aux cocktails Molotov contre quatre policiers à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, ont été relâchés jeudi soir, a appris l'AFP de sources policières.

Soupçonnés d'avoir filmé l'agression. Âgés de 16, 19 et 22 ans, ils étaient soupçonnés d'avoir filmé puis mis en ligne des vidéos de l'agression, au cours de laquelle deux policiers avaient été grièvement brûlés. Ils avaient été arrêtés à l'aube mercredi dans la cité difficile de la Grande Borne, à cheval sur les communes de Viry-Châtillon et Grigny. Placés en garde à vue, ils devaient s'expliquer "sur les circonstances dans lesquelles, au moment des faits", ils "ont réalisé et diffusé sur internet des films vidéo", avait expliqué mercredi le parquet d'Évry (Essonne).

Aucun des auteurs directs n'a été arrêté. Ces arrestations avaient été décidées par les deux juges d'instruction saisis dans l'enquête ouverte pour "tentatives de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique commises en bande organisée" et confiée à la Sûreté départementale de l'Essonne. Une quatrième personne, résidant au même domicile que l'une des trois personnes interpellées, avait également été placée en garde à vue pour détention de stupéfiants. Elle a été relâchée dès mercredi. Aucun des auteurs directs de l'agression n'a jusqu'à présent été arrêté, en dépit des recherches ADN menées sur des objets retrouvés sur les lieux de l'attaque et de l'analyse de plusieurs bandes vidéos.

Deux policiers grièvement brûlés. Le 8 octobre, une quinzaine d'agresseurs ont incendié deux voitures de police, occupées par quatre agents, en mission de surveillance à proximité d'un feu rouge de la Grande Borne connu pour ses vols à la portière avec violences. Deux d'entre eux ont été très grièvement brûlés. L'un, un adjoint de sécurité de 28 ans, est toujours soigné à l'hôpital Saint-Louis à Paris. Les deux autres policiers ont été plus légèrement touchés.

À l'origine de la grogne policière. Cette attaque a déclenché un vaste mouvement de grogne des policiers, que le gouvernement peine à apaiser, à moins de six mois de la présidentielle. La mobilisation, organisée hors cadre syndical et qui transgresse le devoir de réserve auquel sont soumis les policiers, dure depuis le 17 octobre, lorsqu'une manifestation surprise sur les Champs-Élysées avait ensuite fait tâche d'huile dans plusieurs villes de France. Les "policiers en colère" réclament plus d'effectifs, davantage de moyens, des peines sévères pour leurs agresseurs et un assouplissement des règles de légitime défense, avec un alignement sur celles s'appliquant aux gendarmes.