Assaut à Saint-Denis : un an après, les locataires toujours pas relogés

  • A
  • A
Partagez sur :

Le 18 novembre 2015, l'immeuble où se cachaient Abdelhamid Abaaoud et son complice Chakib Akrouh, était investi par le RAID. Près de 80 personnes se retrouvaient alors à la rue. 

Cela fait pratiquement un an que l'immeuble où ils vivaient, à l'angle des rues du Corbillon et de la République, à Saint-Denis, est devenu inhabitable. Le 18 novembre 2015, le RAID lançait un assaut périlleux pour retrouver Abdelhamid Abaaoud et son complice Chakib Akrouh, deux terroristes des attentats du 13-Novembre qui ont fait 130 morts. Près de 5.000 munitions avaient été utilisées, rendant les lieux inhabitables. Quatre-vingt personnes s'étaient alors retrouvées à la rue. Près d'une vingtaine d'habitants ont annoncé mercredi s'être regroupées en collectif, "collectif du 18-Novembre Saint-Denis". Car depuis un an, les modalités pour leur relogement avancent lentement.

Hôtel et logement social. Trente personnes sont encore logées à l'hôtel, aux frais de l'Etat. Elles n'ont plus rien : peu de meubles et d'effets personnels. Cinquante autres personnes se sont vues attribuer un logement social, selon la mairie de Saint-Denis, mais des familles qui étaient propriétaires se retrouvent obligées de payer un loyer souvent avec un petit salaire. C'est le cas de Zacherina et son mari, qui ont un enfant et une grand-mère à charge : "Maintenant, on paye 900 euros. C'est environ ce que je gagne", raconte-t-elle d'une petite voix. "Ma belle-mère est à la retraite et touche 600 euros par mois. On dort sur un matelas gonflable", décrit Zacherina, avant de lâcher : "On est complètement perturbés".

"Personne n'a donné de statut à ces victimes". Le collectif demande d'urgence la reconnaissance comme victimes du terrorisme. Mais ces victimes collatérales de l'assaut de Saint-Denis ne peuvent pas prétendre au fonds de garantie des victimes de terrorisme, une injustice pour l'avocate de cette famille, Claudette El Eini : "Personne n'a donné de statut à ces victimes", explique-t-elle. Le conseil des habitants ajoute avoir contacté en avril dernier la secrétaire d'Etat chargée de l'Aide aux victimes du terrorisme Juliette Méadel pour demander une avance sur indemnisation. "Je n'ai jamais reçu de réponse à mon courrier", regrette Claudette El Eini. 

Pour l'instant, le gouvernement n'a proposé d'indemniser que deux familles sur les 80 habitants délogés de leurs appartements.