Après sa tentative de suicide, le Dr Bonnemaison dénonce sa condamnation

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Après sa tentative de suicide, le Dr Bonnemaison dénonce sa condamnation
L'ex-urgentiste avait été condamné à deux ans de prison avec sursis.@ NICOLAS TUCAT / AFP
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Après sa tentative de suicide, le Dr Bonnemaison, condamné à deux ans de prison pour avoir donner la mort à une patiente en fin de vie, dénonce le verdict.

L'ex-urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison, condamné le 24 octobre à deux ans de prison avec sursis pour avoir donné la mort à une patiente en fin de vie, dénonce un "verdict sans queue ni tête" à l'issue d'un "procès à charge" dans un entretien à paraître jeudi dans le quotidien Sud Ouest

"Je ne suis pas un assassin." Nicolas Bonnemaison, qui s'exprime pour la première fois depuis sa tentative de suicide le 31 octobre dans les Landes, dit avoir été "troublé" par le verdict en appel de la Cour d'assises du Maine-et-Loire qui l'a reconnu coupable d'avoir délibérément donné la mort à une patiente en 2011, mais l'a acquitté pour six autres cas de patients, eux aussi incurables et en fin de vie.

"Dans tous les cas, j'ai agi de la même façon. Pour soulager des souffrances psychiques ou physiques", insiste l'ex-praticien de 54 ans, qui explique sa volonté d'en finir après le procès: "Psychiquement, j'étais épuisé. Je n'avais plus aucune ressource (...) J'ai été condamné pour assassinat. Suis-je un petit assassin, un moyen assassin, un grand assassin ? Je ne peux pas supporter ce mot. Je ne suis pas un assassin." L'ex-urgentiste dit avoir "récupéré toutes ses facultés intellectuelles", même s'il ressent encore "une intense fatigue psychique".

Le médecin, qui assure avoir "pris beaucoup de recul" et "mesuré combien j'ai été soutenu" depuis sa tentative de suicide, redit n'avoir "jamais eu l'intention de donner la mort". "Je n'ai rien inventé. Ce que j'ai pratiqué, je l'ai vu faire dans tous les services où je suis passé pendant ma carrière. Y compris dans celui où exerçait l'un des membres du Conseil de l'Ordre des médecins qui a prononcé ma radiation", poursuit-il.

L'ex-praticien dénonce un "verdict sans queue ni tête qui ne peut que contribuer à déstabiliser et à fragiliser le corps médical". Car, souligne-t-il, "je suis acquitté pour le cas où j'ai injecté du curare, un produit qui n'est pas expressément autorisé, même s'il est utilisé. Mais condamné pour une injection d'hypnovel, une substance agréée par les protocoles de sédation".

"Ils m'ont fait vivre l'enfer". Pour lui, le procès en première instance à Pau en juin 2014, qui avait conduit à son acquittement, "avait été à charge et à décharge avec un président impartial". "A Angers, c'était uniquement à charge, avec une présidente qui a constamment cherché à me mettre en difficulté", fustige-t-il. "Pourquoi le Parquet général de Pau a fait appel du premier verdict d'acquittement ? Y a-t-il eu des consignes et, si oui, qui les a données ? J'ignore d'où cela vient. Tout ce que je sais, c'est que pendant quatre ans, ils m'ont fait vivre un enfer."