Après l'affaire Théo, une journée avec des policiers d'une BST, brigade spécialisée de terrain

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Les policiers mis en examen dans "l'affaire Théo" font partie d'une BST. Un reporter d'Europe 1 a pu accompagner plusieurs de ces fonctionnaires sur le terrain pour se rendre compte de leur quotidien.

REPORTAGE

Il y a un mois jour pour jour éclatait "l'affaire Théo" à Aulnay-sous-Bois. L'arrestation d'un jeune homme a dégénéré en blessure grave. Depuis, les quatre policiers qui sont intervenus sur ce contrôle sont mis en examen. L'un d'entre eux est même poursuivi pour "viol aggravé". Ces fonctionnaires travaillent tous au sein d'une BST : une brigade spécialisée de terrain, des unités créées en 2010, notamment dans les quartiers sensibles. Pour comprendre leur travail, notre reporter a pu accompagner des policiers d'une BST à Orléans. 

Des insultes. Ils sont trois dans l'équipage avec une dizaine d'années d'expérience chacun. Leur quotidien ? Arpenter inlassablement les mêmes quartiers, huit heures par jour, en tenue d'intervention, armés avec gilet tactique, taser, bombe lacrymogène et bâton télescopique. Ici aussi l'affaire Théo a eu un impact, raconte Rodouane, brigadier : "Au lendemain de cet événement, il y a eu quelques répercussions. On a eu le droit à des noms d'oiseaux et à des 'violeurs'."

Entendu sur Europe 1
On ne les contrôle pas forcément pour connaître leur identité mais pour savoir ce qu'ils font

"On les contrôle tous les jours". Le travail de la BST est de sécuriser le centre-ville, les cités et tout le nord de l'agglomération d'Orléans pour désorganiser les petits trafics. La présence et les contrôles d'identité sont inévitables. "On les connaît très bien puisqu'on les contrôle tous les jours parce que la délinquance orléanaise, c'est une minorité donc forcément, c'est souvent les mêmes. On ne les contrôle pas forcément pour connaître leur identité mais pour savoir ce qu'ils font, ce qu'ils ont fait parce qu'ils sont connus défavorablement de nos services. Donc, ils sont capables d'avoir largement commis des infractions récemment", explique Axel.

La caméra, "un bien comme un mal". Sur lui, ce policier porte une caméra piéton depuis plusieurs années. Il est partagé sur son efficacité : "Ça peut être un bien comme un mal. Ça peut exciter une bande d'individus. Quand ils sont sur leur point de deal, ils n'ont pas envie qu'on les filme à cet endroit-là, ils ne veulent pas qu'on ait une preuve de leur présence à cet endroit-là." Le policier reste néanmoins favorable aux caméras, le meilleur moyen, dit-il "de prouver qu'on fait bien notre travail".


La BST d'Orléans en chiffres et missions

Elle compte 15 policiers au total, qui patrouillent 7 jours sur 7, de 14h à 22h. Leurs missions sont de sécuriser la zone de sécurité prioritaire (ZSP), incluant le centre-ville ou encore le quartier de l’Argonne. Ils patrouillent aussi dans tout le nord de l’agglomération orléanaise. L'objectif est de lutter contre la délinquance et les trafics en tous genres mais essentiellement ceux de stupéfiants.

Ils sont régulièrement mis à contribution par d’autres services d’enquête (sûreté départementale ou police judiciaire) pour identifier ou localiser des suspects qu’ils connaissent pour les croiser régulièrement sur leur secteur.