Appels au 115 : plus de demandes d'hébergement, moins de solutions en 2016

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Appels au 115 : plus de demandes d'hébergement, moins de solutions en 2016
En novembre 2016, le 115 a reçu 110.000 appels de plus qu'en novembre 2015. Image d'illustration. @ JOEL SAGET / AFP
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Selon le "baromètre" de la Fnars, 53% des 24.375 appelants n'ont pas été hébergés suite à leur appel du 115.

Le 115, numéro d'urgence des SDF, a reçu en novembre plus de 110.000 appels effectués par 24.375 personnes, soit une augmentation de 6% par rapport à novembre 2015, mais plus d'une personne sur deux n'a pas obtenu de solution d'hébergement, selon son "baromètre" publié mercredi.

53% de déboutés. "Cette hausse touche particulièrement les hommes seuls (+6%), les personnes en famille (+11%) et les jeunes âgés de 18 à 24 ans (+11%)", a précisé dans son communiqué la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars), en charge du baromètre. Sur les 24.375 personnes ayant téléphoné au 115 en novembre (+12%), "12.846 personnes n'ont jamais été hébergé", soit 53% des appelants, poursuit la Fnars.

Inquiétude pour les jeunes. Dans son bilan, l'organisation s'inquiète particulièrement de la situation "très critique" des jeunes, un "public fragile et vulnérable en voie de paupérisation", qui représente 16% des appelants, mais dont le nombre est en hausse de 11% sur un an. Le réseau d'associations a parallèlement constaté une hausse de 10% des personnes appelant pour la première fois le 115, ainsi qu'une augmentation de 13% des demandes de prestations (aide alimentaire, soins, maraudes...).

Des attributions en recul de 23% à Paris. À Paris, le 115 a enregistré près de 31.000 demandes, soit une hausse de 15% sur un an, alors que le taux d'attribution de logement a baissé de 23%. Une situation qui s'explique notamment par "une pénurie des places disponibles dans le parc hôtelier et dans les centres d'hébergement d'urgence", ainsi que par la réquisition de places destinées aux migrants.

"Minima sociaux dès 18 ans". Dans son baromètre, la Fnars dénonce une "gestion saisonnière et urgentiste de l'hébergement des personnes sans domicile" et pointe du doigt la baisse des solutions d'hébergement hivernales (-13% par rapport à 2015). De ce constat, la Fnars demande au gouvernement "de mobiliser toutes les places disponibles sur les territoires pour héberger les sans abri sans attendre les grands froids", ainsi qu'"un accroissement significatif de la production de logements véritablement accessibles aux plus démunis" et "un accès aux minima sociaux dès 18 ans pour tous les jeunes sans ressources et sans soutien familial".