Atteinte de la maladie de Charcot, elle interpelle les candidats sur le suicide assisté

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Anne Bert, atteinte de la maladie de Charcot, a décidé d'avoir recours au suicide assisté en Belgique car cela n'est pas autorisé en France : "ma mort m'appartient", juge-t-elle.

INTERVIEW

Il y a un peu plus d'un an, Anne Bert, a appris qu'elle était atteinte de la maladie de Charcot, une maladie dégénérative incurable. "Il n'y a pas de place pour l'espoir puisque c'est une maladie totalement incurable, on ne peut pas la soigner. Il n'y a pas d'espoir à moins d'un miracle mais je ne crois pas suffisamment en Dieu pour avoir cet espoir-là", explique-t-elle jeudi au micro d'Europe 1. C'est pourquoi elle a choisi elle-même le moment de son départ, le moment où elle allait avoir recours au suicide assisté en Belgique.

"Ma mort m'appartient." "Ma mort m'appartient, elle n'appartient pas à Dieu. J'ai su que je ne rentrerais pas dans le tunnel de la mort, dans une déchéance du corps qui ne peut plus rien faire. Je ne me laisserai pas emmurer, enfermée", assène-t-elle avant d'ajouter : "J'ai décidé du terme, la limite que je me suis fixée. (...) Tant que je peux porter de la nourriture à ma bouche et tant que je peux faire mes soins très intimes, je serai encore debout. Quand je ne pourrai plus, je mettrai en oeuvre tout ce qu'il faut pour en finir."

"Une horreur ajoutée à l'horreur de la maladie." De ce combat intime, Anne Bert a décidé d'en faire un débat public, afin d'interpeller les candidats à l'élection présidentielle sur la question du suicide assisté en France. "Effectivement, c'est une histoire très intime. Mais moi, de ce combat qui est perdu parce qu'il n'y a pas de médicament pour me soigner, je veux en faire un combat collectif. C'est ce que j'appelle la double peine. Je sais que je suis condamnée mais en plus je dois chercher une porte de sortie en dehors de mon pays. C'est une horreur ajoutée à l'horreur de la maladie".

"J'en veux terriblement à François Hollande." Elle estime par ailleurs que François Hollande n'a rien fait pour changer les choses pour les situations comme la sienne : "Oui, j'en veux surtout à François Hollande, qui l'avait mis dans son programme. J'ai voté François Hollande en pensant que c'était une conviction alors que c'était une promesse électorale. La loi Leonetti n'est en rien semblable à la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Alors oui, je lui en veux terriblement car il est responsable de cette double peine que je subis." Elle a donc interpellé les candidats pour faire évoluer sur ce sujet. Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou se sont prononcés en faveur d'une évolution de la loi.

"On dit que la France n'est pas prête. Mais qui n'est pas prêt ?" "Je suis totalement scandalisée par ce qu'on peut entendre de la bouche des candidats, des politiques et de beaucoup médecins sur le sujet. (...) On botte en touche, on dit que la France n'est pas prête. Mais qui n'est pas prêt ? Ce ne sont pas les Français. J'ai reçu des centaines de lettres de soutien, même de catholiques, qui sont pour ce libre choix. (...) Je veux bien transférer les centaines de lettres que j'ai reçues", confie Anne Bert. Son cri du cœur fera-t-il réagir les différents candidats ?